Sources: Owni.fr
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Original post of Moulart Antonin.
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Lisez Orange donne un aperçu de l’internet sans neutralité du net et ses commentaires sur ReadWriteWeb France — Hadopi, Loppsi, Acta, Deep Packet Inspection, VPN… Impacts, conséquences et actualité des nouvelles technologies
Il aura fallu moins d’un mois après la prise de contrôle de Deezer par Orange pour que ce dernier verrouille le marché de la musique en Stream français. Pour cela, il lui a suffit d’enfreindre la neutralité du net.
Dans un email à l’attention des utilisateurs de Wormee, Orange annonce le remplacement de ce dernier par Deezer. Rien de surprenant, Wormee n’avait jamais rencontré de succès auprès du public.
Le plus surprenant est l’annonce par l’opérateur internet de nouveaux forfaits intégrant un abonnement premium Deezer.

Pour les forfaits ADSL, et pour les nouveau abonnés (qui se font de plus en plus rare chez Orange), l’abonnement premium Deezer est proposé pour un surplus de 5€ par mois, soit deux fois moins que les offres concurrentes comme Spotify. Une politique de prix agressive, mais à moins qu’il s’agisse d’une vente à perte – quelque chose de très difficile à vérifier – il n’y a là rien à redire.
Pour les forfaits mobiles, c’est une autre histoire.
Les forfaits mobiles de Orange, comme tous les forfaits mobiles disponibles en France, ne proposent pas internet en illimité. En pratique, au delà d’une certaine quantité de données téléchargées, vous n’aurez accès au web que sous une forme très dégradée. Inutile d’esperer pouvoir écouter de la musique en Stream avec un mobile… Sauf avec Deezer, qui suite à son intégration à Orange, se voit attribuer des conditions spécifiques.
Deezer sera donc ‘hors forfait’, et réellement illimité, sur les formules premium commercialisées dès la rentrée par Orange.

Au final, on n’est pas loin d’un début de privatisation de la licence globale, et comme on a introduit un acteur en plus dans la chaîne – les fournisseurs d’accès – les grands perdants seront les artistes, à coup sûr. On comprend mieux pourquoi l’ex ministre de la Culture, Christine Albanel, désormais à la tête de plusieurs départements ‘entertainment’ chez Orange, s’était vigoureusement opposée à la licence globale. Cela aurait en effet représenté un énorme manque à gagner pour Orange.
Il est désormais impossible pour la moindre startup de s’aventurer sur le terrain de la musique en Stream. Avec un tel avantage, Orange crée une barrière à l’entrée qu’aucune startup ne pourra franchir. Qui pourrait être en mesure de proposer ainsi de passer outre les limitations imposées par les opérateurs internet sur leurs propres réseaux ?
En pratique, seul SFR peut répliquer à une telle offre, non seulement parce qu’il possède lui aussi un réseau, mais parce que sa maison mère, Vivendi, possède un solide catalogue en matière de musique.
L’offre de SFR pourrait même aller plus loin, en mettant systématiquement en avant les artistes maison, faisant de Vivendi Universal un passage obligé pour les artistes souhaitant accéder à toute une partie du public.
Le marché de la musique est désormais exclusivement dans les mains des FAI… et d’Apple.

Voilà, c’est fait. La neutralité du net, qui n’a jamais vraiment été appliquée sur le mobile, produit ses premiers effets. Quelque soit les résultats d’une éventuelle négociation aboutissant sur une gestion collective des droits, promise par NKM, le marché de la musique est désormais verrouillé par les fournisseurs d’accès internet.
Il ne reste que l’offre ‘pirate’ pour mettre en avant des innovations, car une chose est sûre, c’en est fini de toute forme d’innovation – autre que marketing – du coté de l’offre légale.
Peut-on dès à présent considérer que les discussions à venir en septembre au parlement au sujet de la neutralité du net ne sont qu’une mascarade ?

Une société comme Orange aurait-elle pris le risque d’entamer depuis près d’un an une vaste campagne de publicité (il y a internet et internet par Orange) sans s’assurer auparavant d’une issue favorable à son égard de la future loi ?
L’annonce d’un forfait violant ouvertement la neutralité du net et verrouillant de facto l’innovation d’un secteur tout entier est soit un affront fait à la représentation nationale, lui signifiant de façon méprisante son impuissance face à la puissance de ses lobbies, soit le signe que tout est déjà écrit, et que les députés qui seront en charge de la loi n’ont, au final, pas leur mot à dire.
Si une telle insulte faite par une entreprise privée à la représentation nationale passe sans encombres, il y a fort à parier que le monde que les opérateurs nous préparent demain sera lui aussi totalement verrouillé.
Dailymotion, une autre startup sur laquelle pèse un fort soupçon de mainmise de l’Etat, devrait logiquement subir le même sort, ou plutôt bénéficier des mêmes privilèges.

Des forfaits mobiles pas vraiment illimités ‘sauf pour Dailymotion’ devraient suivre, laissant YouTube, Vimeo, et une multitudes d’autres acteurs ainsi que l’ensemble des WebTV sur une voie de garage.
Suivra, dans un futur plus éloigné, l’internet des objets, dont une large partie devrait voir leur accès à internet se faire au moyen de l’internet mobile. Lui aussi sera verrouillé, et là encore, inutile d’espérer voir poindre la moindre innovation dans un territoire sous le contrôle des fournisseurs d’accès.
Ce sont deux champs d’innovations majeures que l’on s’apprête à ainsi sacrifier, car pour ce qui est d’être en mesure de faire de l’innovation, les fournisseurs d’accès ont depuis longtemps fait preuve de leur incapacité à faire quoi que ce soit. Orange a ainsi lancé des alternatives à Flickr et Netvibes dont personne n’a retenu ne serait-ce que le nom.
Mais ce verrouillage de l’innovation et de l’information sur le mobile n’est qu’une étape. La seconde, dont le sort devrait également être réglé à partir de septembre à l’assemblée, est la préservation (ou pas) de la neutralité du net sur l’internet classique.
Si la neutralité du net venait à y disparaître, nous aurions en peu de temps un scénario similaire avec les abonnements ADSL et cable.
Augmentation fulgurante des forfaits réellement illimités, et apparition en lieu et place de forfaits limités en terme de quantité de données téléchargeable, disposant d’une multitude d’exceptions ‘hors forfait’. Deezer, Dailymotion, dans un premier temps, puis tôt ou tard, un groupement de source d’information ‘agréées’.
A terme, un contrôle quasi absolu sur l’internet et l’information.
(images réalisées à partir de photos CC-by de zigazou76 et de jjjohn)


Par ce très joli titre, je ne souhaite absolument pas porter atteinte a ces indispensables créateurs de merveilles, oui les artistes.
Cependant, ce titre a été motivé par le merveilleux clip qui va suivre. Il accompagne une très sympathique musique de dj Chernobyl (si vous pensez avoir une piste sur la nature du clip, vous vous plantez comme moi la première fois) remixé par Lorcan Mak.
Place au sujet principal de ce billet:
Chernobyl - Le Cheval from exploited records on Vimeo.
Ça envois du patté quand même.
Oh je sent que je vais me faire de nouveau lecteurs avec de telles illustrations !

Dream Boat ... Je ne connais pas vraiment ce 'groupe'. C'est d'un style psychédélique, envoutant ... En tout cas ça m'a immédiatement charmé.
Un petit clip pour vous présenter le style:
Your Beaches from Dream Boat on Vimeo.
Quelques liens:
Indépendamment de la question financière, que choisirait actuellement un jeune bachelier si il avait le choix de s’équiper en matériel high tech ?
Ce n’est qu’une impression mais il semblerait bien que tous ou presque souhaitent désormais posséder du Apple : MacBook, iPod, iPhone, iPad…
Deux liens qui corroborent cette impression.
Le premier lien est économique. Un cabinet financier américain vient tout juste de dégrader la notation de Microsoft estimant que l’éditeur ne parvenait pas à séduire les jeunes générations (source ZDNet). Ainsi 70% des étudiants entrant à l’université possèderaient un Mac[1].
Cela fait beaucoup quand même ! Mais justement le second lien est académique. Le département Information Technology and Communication de l’Université de Virginie nous propose d’intéressantes statistiques sur l’équipement informatique de ses étudiants de première année.
On peut y constater de notables évolutions de 1997 à nos jours. Comme on s’y attendait les étudiants tendent à être tous équipés, et au profit aujourd’hui presque exclusif de l’ordinateur portable. Mais pour quel OS ? Et là effectivement la comparaison est édifiante. Les courbes de Windows et de Mac suivent des chemins diamétralement opposés. En 2004, nous avions 89% pour Windows et 8% pour le Mac. En 2009 c’est 56% de Windows et 43% de Mac. On est encore loin des 70% évoqués plus haut, mais au train où vont les choses, c’est apparemment pour bientôt.
Pourquoi avoir choisi l’année 2004 comme repère ? Parce qu’ils étaient alors 77 étudiants à avoir un autre OS que Windows ou Mac (autrement dit un OS libre). Or ils ne sont plus que 8 en 2010, soit 0,3% !
D’où cette double question que je soumets à votre sagacité : Est-ce que selon vous Apple fascine réellement toute la jeunesse ? Et si oui cela a-t-il, dès aujourd’hui et pire encore demain, des conséquences sur le logiciel libre ?
À parcourir ces trois récents articles du Framablog : Pourquoi je n’achèterai pas un iPad, La fin du Web ouvert - Apple ou la banlieue riche du Web et Combien de futurs hackers Apple est-il en train de tuer ?, je crains déjà votre réponse. Et me demande dans la foulée si cela ne met pas une nouvelle fois en exergue la faillite absolue en amont de l’école (et des parents) quant à la sensibilisation au logiciel libre et sa culture.
[1] Crédit photo : Multitrack (Creative Commons By)
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Billet original de Framablog.
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Je suis quasi sur que c'est la musique d'electro la plus écouté ou reprise. Qui ne connais pas PopCorn ? Composé par Gershon Kingsley et paru la première fois en 1969 dans son album intitulé "Music to moog by".
Et bien sur, quelques remix de tout genre:
C'est tellement mythique n'est-ce pas ? ^^
Il n’aura fallu finalement que très peu de temps pour nous permettre de comprendre qui tire réellement les ficelles. Dans le précédent billet, je m’interrogeais sur qui pouvait bien être l’auteur du rapport gouvernemental sur la neutralité du Net. Je viens d’avoir confirmation que les auditions se sont déroulées à Bercy au Ministère des finances et de l’industrie et j’y vois là un très mauvais présage. Si les conseillers de NKM ont bien participé aux auditions, ce n’étaient pas eux qui tenaient les rênes. Pour m’être entretenu avec deux d’entre eux, il me paraissait évident qu’ils ne pouvaient pas être les auteurs de ce rapport, ils sont techniquement trop compétents pour accoucher de ce genre de choses. Les auditions conduites à Bercy ont débouché au rapport que nous connaissons, tout indique aujourd’hui qu’il est l’oeuvre du Ministère des finances et de l’industrie
Un incompétence compréhensible mais pas pardonnable
Quand on souhaite faire passer des idées en force, le meilleur moyen d’y parvenir, c’est de choisir de bons soldats corvéables à merci et surtout totalement incompétents pour avoir une réflexion sur le sujet qu’on leur demande de traiter. On l’a vu avec HADOPI et Christine Albanel, venant parler de firewall et défendre des idées auxquelles elle ne comprenait manifestement pas grand chose, puisque ce n’était pas les siennes mais celles dictées par le lobby des moines copistes de DVD. Il faut croire que le secrétariat d’Etat à l’Economie Numérique était, lui, trop compétent pour conduire une réflexion sur la neutralité du Net, tout comme il l’était pour s’exprimer au sujet d’HADOPI. Cruelle ironie, le destin de notre Internet encore neutre à ce moment a donc été placé dans les mains du Ministère des finances et de l’Industrie. On comprend donc mieux les égarements et les inexactitudes dont le rapport est truffé.
Il y a sérieusement de quoi s’interroger sur le rôle de représentation que l’Elysée à souhaité donner au secrétariat d’État tout en lui ordonnant de ne jamais intervenir sur des sujets comme Loppsi, le RGI, la Hadopi, l’ARJEL … lui préférent des services moins compétents mais assurément plus malléables.
Des auditions orientées
Nous l’avons vu dans un billet précédent, l’empreinte d’Orange sur ce rapport est difficilement contestable. De toute évidence, Bercy aurait conduit les auditions de manière très orientée, en faveur de deux fournisseurs d’accès : Orange et SFR. Les deux FAI se rejoignent effectivement sur beaucoup de points, je ne vais pas tous vous les énoncer ici mais en vrac nous avons :
Parmi les points abordés dans les auditions, la segmentation de l’offre portées par SFR et Orange est un principe qui est lui aussi adopté et préconisé dans le rapport. D’un point de vue personnel je ne suis pas spécialement d’accord car je flaire que ceci sera un prétexte supplémentaire à une nouvelle foire d’empoigne sur le déploiement de la fibre optique. A ce sujet, Orange prétendait avoir stoppé ses déploiements, la réalité est toute autre, l’opérateur historique pose des kilomètres de fibres et entend bien proposer son réseau en location aux autres opérateurs.
Le prix des abonnements et la spécificité française qui consiste à ne proposer qu’une seule offre et un prix aligné sur celui de Free qui historiquement n’a toujours eu qu’une seule offre haut débit (nous ne parlerons volontairement pas des zones non dégroupées où l’opérateur historique jouit d’une position dominante), est aussi l’un des facteurs qui ont pesé sur les négociations. Là encore l’arbitrage de Bercy est perceptible, le rapport indique à plusieurs reprises que les financements nécessitent une hausse des tarifs et donne ainsi sa bénédiction à SFR pour qui il devient crucial d’augmenter ses marges et une offre premium serait pour l’opérateur la solution.
Enfin quand une consultation portant sur la neutralité du Net débouche sur des préconisations ouvrant la porte à la deep packet inspection et qu’il préconise le filtrage et le blocage, on se doute bien qu’il n’est pas l’oeuvre d’un travail issu d’une réflexion réelle sur des problématiques de neutralité et qu’il n’est en fait que le produit d’une stratégie décidée dans d’autres sphères.
Les représentants du secrétariat d’État l’économie numérique semblent ne pas avoir pesé bien lourd pendant les auditions et il y a peu de chances qu’ils aient réellement participé à l’élaboration de se rapport.
Mouvement de troupes à l’ARCEP
Ce qui suit n’est pas une cause ou une conséquence du rapport sur la neutralité du Net, cependant, les choses bougent à l’ARCEP et il faut conserver un oeil attentif sur l’autorité de régulation pour comprendre ce qu’il s’y passes. Depuis le départ de Paul Champsaur de la présidence de l’ARCEP, il y a eu un sacré turnover. C’est assez triste car l’ARCEP a des compétences bien réelles et une vision plutôt juste du secteur. Jean-Claude Mallet, président pendant seulement 6 mois, selon la version officielle, serait parti pour des raisons de santé. Des rumeurs font état d’une autre version, ce dernier aurait compris qu’on ne le laisserait pas évoluer comme il l’aurait souhaité, il aurait donc préféré partir. L’actuel président, Jean-Ludovic Silicani aurait lui des positions bien moins pro net neutrality que beaucoup de membres du collège, comme Nicolas Curien ou Joelle Toledano. Depuis l’arrivée du nouveau président, des tensions internes auraient conduit certains des membres du collège à quitter l’autorité de régulation des télécoms. C’est par exemple le cas de l’un des principaux rédacteurs du rapport sur la neutralité du net, faisant suite au colloque organisé par l’ARCEP. On trouve donc aujourd’hui dans l’autorité de régulation pas mal de membres issus du gouvernement.
Le rapport du gouvernement intervenant 3 mois à peine après le rapport de l’ARCEP sur le même thème et affichant des positions bien plus tranchées, on se demande si le jeux de chaises musicales n’est pas une conséquence des frictions que susciterait un projet de controle de l’Internet à des fins électoralistes, au détriment de l’intérêt commun.
L’économie numérique devrait être confiée à Bercy
La suite, vous la connaissez, je vous en ai parlé plusieurs fois sur ce blog. Ça avait commencé fin mai, je m’interrogeais sur le futur du secrétariat d’Etat à l’Economie Numérique, je réaffirmais mes interrogations en juillet dernier à ce sujet. Peu de doutes aujourd’hui sur ce qui va suivre au prochain remaniement ministériel. Internet devrait être confié au Ministère des finances et de l’industrie. On comprend donc mieux les positions pro fournisseurs d’accès et le rejet systématique des positions des autres parties.
Parallèlement, plusieurs sources m’ont confirmé que le secrétariat d’Etat à l’Economie Numérique s’est désertifié, normal me direz vous, tout le monde est parti en vacances… et bien non, on sent cette brise légère annonciatrice d’un remaniement ministériel. Le sort du Secrétariat d’Etat à l’Economie numérique semble gravé dans le marbre et il se pourrait bien que notre prochain ministre soit Christian Estrosi.
En confiant Internet à un fidèle, l’Elysée amorce une stratégie de pré-campagne pour « contrôler Internet » avant l’échance de 2012.
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Je viens de tomber sur un billet de Pierre Chappaz. La réputation du monsieur n’est plus à faire, entreprenaute self made man, pour lequel je ne me cacherai pas de vouer une certaine admiration, Pierre Chappaz est une figure incontournable du Net français, fondateur de Wikio, un moment patron de Netvibes, fondateur de Kelkoo… autant vous dire que c’est avec le plus grand respect qu’il convient d’aborder le bonhomme. Et ça, Eric Walter, secrétaire général de la Hadopi semble l’avoir compris au point de solliciter un rendez-vous avec lui.
Piree Chappaz n’a jamais caché ses penchants anti-HADOPI, comme l’immense majorité des entrepreneurs, bloggeurs (le frère de Nathalie Kosciusco-Morizet lui-même n’a pas de mots assez durs pour qualifier HADOPI)… bref, tous les gens pour qui le Net n’est pas une vaste abstraction. Du coup, cette rencontre incongrue aura permis la révélation d’un scoop : chers internautes, la HADOPI a définitivement abandonné l’idée de la seule contrepartie vous permettant de vous défendre en cas d’accusation infondée : le logiciel de « sécurisation » a été abandonné.
On attendait les spécifications de ce logiciel avec impatience, en fait on en rigolait par avance car n’importe quel internaute un peu sensé pouvait se rendre compte par lui même que ce fantasme émanait de tortueux esprits pour lesquels la suite OpenOffice est un firewall. On a donc sorti du chapeau un éminent expert en sécurité qui aurait accepté cette mission (j’en ai la larme à l’oeil, veuillez m’excusez), Michel Riguidel… du lourd quoi ! Il faut comprendre que le monsieur a un aure truc à nous vendre, le Deep Packet Inspection, la lie des dispositifs de filtrage dans une démocratie qui se respecte. Mais l’ami Riguidel, lui, il est pas là non plus pour défendre l’Etat de droit ou la séparation des pouvoirs. L’entrave à la liberté d’expression, il en ferait même un fond de commerce (quand on vend des Tazers, on ne va pas demander l’avis d’un cardiologue !). Cependant, nous pouvons remercier notre expert car il nous aura procuré de bons moments de rigolade grâce à Orange. Ajoutez à ceci que la Commission des lois du Sénat vient d’entériner une LOPPSI se passant du juge pour le blocage des sites et vous avez tous les éléments en main pour autoriser le filtrage politique sur décision du « ministère de la police » ! On est plus dans le théorique du tout, on est dans une situation où tout se met en place pour rendre possible le muselage d’Internet, et donc asphyxier son économie. Cerise sur le gâteau, le Sénateur Masson, véritable expert en anonymat auto-diffamatoire (ce qui lui aura valu un an d’inéligibilité et qui n’est pas fait pour porter une once de crédibilité à sa démarche), cherche à introduire le passeport biométrique pour l’ouverture d’un skyblog… il ne faudra pas donc s’étonner de voir tout un pan de notre économie générateur d’emplois disparaitre en France.
J’en profite pour vous rappeler, en ses propres termes l’article 16 de la décision du Conseil Constitutionnel d’HADOPI 1 :
(…) eu égard à la nature de la liberté garantie par l’article 11 de la Déclaration de 1789, le législateur ne pouvait, quelles que soient les garanties encadrant le prononcé des sanctions, confier de tels pouvoirs à une autorité administrative dans le but de protéger les droits des titulaires du droit d’auteur et de droits voisins ;
Comprenez que seul un juge peut décider de priver un citoyen de jouir de l’exercice de sa liberté d’expression dont Internet est devenu une composante incontournable.
Plus qu’une anecdote : une véritable menace pour notre démocratie
Pierre Chappaz lève aujourd’hui le doute et confirme ce que nous pensions tous depuis le début : la sécurisation d’une connexion wifi est impossible à l’échelle des fournisseurs d’accès sur l’ensemble du parc des « box ». Des fournisseurs d’accès livrent leur matériel, dans le meilleur des cas, avec du WPA/TKIP activé par défaut (vulnérable à des attaques par bruteforcing ou man in the middle), avec du WEP (chiffrement crackable en quelques minutes) dans le pire des cas. Eric Walter lui a confié « que le logiciel de sécurisation des routeurs Wifi était enterré« . Ce dispositif était inscrit dans HADOPI première du nom qui a connu le cuisant échec qu’on lui connait en se prenant un bash d’anthologie au Conseil des Sages. Et par une pirouette législative, les députés ayant omis de réinscrire cette obligation dans HADOPI 2, la Haute Autorité a décrété qu’elle pouvait donc s’en passer… c’est d’une malhonnêteté crasse, mais on en est plus à ça près.
Aujourd’hui la CNIL a donné son feu vert pour la collecte des IP par les ayants-droit (enfin les sociétés mandatées par ces derniers). Rappelons que son président, Alex Turk, lauréat d’un Big Brother Harward et surtout élu UMP semblait freiner des deux pieds … mais ce n’était là qu’une façade supplémentaire. Nicolas Sarkozy a été bien inspiré de placer un pion à la tête de la CNIL, c’est toujours plus pratique pour faire passer la pilule de l’inacceptable.
Je me joins donc aux 5 gus dans leur garage pour vous demander, à vous élus de ma circonscription (la seconde d’Orléans), de ramener à la raison tout ce petit monde qui est en train de commettre une bourde tellurique dont nous paierons tous les conséquences pendant plusieurs années. On estime à plus de 30% les faux positif si les ayants droits font très bien leur travail (en pratique ce sera donc bien plus et vous pouvez faire confiance aux internautes pour rendre la tâche à la HADOPI bien plus complexe avec Seedfuck et ses évolutions qui font froid dans le dos et ridiculisant la fiabilité de l’adresse IP comme preuve) sans leur offrir le moyen de se défendre. Les internautes iront donc en justice. Comme l’adresse IP est l’élément le plus faible de preuve que l’on puisse imaginer et attendu qu’il est le seul à la disposition de la HADOPI, ce sont des centaines, des milliers de personnes, qui, accusées à tort, iront en justice … et gagneront… tout ça aux frais du contribuable.
Si vous êtes élu et que vous entendez cet appel, je me tiens à votre disposition pour vous expliquer toute la dangerosité de cette loi fort mal inspirée et que chacun sait guidée par un lobby qui ne représente pas même 1% de notre PNB… parole de ministre.
Il devient impératif de siffler la fin de la récréation et d’abroger HADOPI !
Nous en avions discuté ici en pleine polémique sur le site France.fr. Le site du projet du « Grand Paris », un des sujets brûlant des dernières élections régionales a été compromis. Une mauvaise configuration aurait ouvert la porte à un cross site scripting et surement d’autres joyeusetés, résultant à une compromission du site qui n’est aujourd’hui qu’un nid à malware.
J’avais à l’époque prévenu OVH en sa qualité d’hébergeur mais ce dernier, malgrés les plusieurs tentatives de contact (mail/twitter), n’a jamais daigné répondre, il était bien plus bavard sur le topic chaud du moment, France.fr, qu’il s’est proposé d’héberger… surement plus porteur en terme de communication. C’est dans un sens plutôt normal car OVH n’infogère pas ce site, son rôle se limitant à l’hébergement, il n’est donc pas missionné pour réparer les sites du gouvernement.
Quinze jours après, la situation n’a pas changé. Le site du Grand Paris, hébergé en sous domaine de celui du ministère la culture présente toujours les mêmes vulnérabilités et distribue toujours autant de malwares.
Mais s’il n’y avait que ça …
Le ministère de la culture dispose de 2 domaines principaux (culture.fr et culture.gouv.fr).Le domaine culture.fr propose plus d’une centaine de sous domaines. Les solutions techniques déployées sont très hétérogènes et certaines datent de Mathusalem. C’est par exemple le cas du catalogue partagé du réseau documentaire de l’administration centrale. Le Tomcat 4.1.18 est en proie à plusieurs vulnérabilités plus ou moins importantes, exploitables à distance, comme une RequestDispatcher directory traversal vulnerability, des vulnérabilités xss sur les servlets (utilisables pour du vol de session par exemple), j’en passe et des meilleurs…
Je ne m’attends donc pas spécialement à plus de réponse des services concernés, mais il serait bienvenu de la part du ministère de la culture, qui a porté le délit de négligence caractérisée pendant les débats sur HADOPI, qu’il montre le bon exemple. Rien que pour le domaine *.culture.fr, il y a de quoi présenter une nouvelle vulnérabilité critique par jour pendant 1 an.
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A Genève, depuis deux jours, le Comité de l'ONU pour l'élimination de la discrimination raciale (CEDR) examine la situation de la France, qui a ratifié la convention correspondante en 1973. Face aux délégués français, les experts s'inquiètent de la recrudescence du racisme « dans le discours politique ». Le carnet de circulation des gens du voyage « rappelle l'époque de Pétain », a déclaré l'un d'eux.


Je vient de mettre en ligne le petit montage de la session saut a l'élastique du 07 aout dernier. Je remerci encore Amanda, JF et Sylvain pour ce merveilleux cadeaux :p
Une nouvelle variante du trojan Zeus a été découverte et n’est malheureusement pas encore détecté par les antivirus. Ce trojan infecte les machines Windows, via une faille dans Internet Explorer et Adobe Reader et va siphonner les comptes en banques des clients d’une banque britannique (dont on ne connait pas le nom). C’est plus de 3 000 comptes qui ont été ainsi vidé de leur contenu, direction un compte bancaire temporaire dont le contenu est ensuite probablement transféré dans un pays lointain peu regardant.
Le trojan se veut un peu « Robin des bois » car il vide uniquement les comptes qui ont plus de 800 £ (environ 970 €). La somme dérobée jusqu’à présent s’élève à plus d’un million de dollars. Les banques et les experts qui ont découvert la bestioles recommandent aux clients d’être prudent car il s’agit selon eux d’une « menace sophistiquée et dangereuse encore jamais vue » (ah ouais, rien que ça)
Quand je vous dis que le développement mène à tout
Le mois d’août promettait d’être riche en sucre, on a pas été déçu. La semaine dernière c’était une ordonnance de référé qui demandait poliment (sous peine d’amende de 10 000 euros par jours) aux fournisseurs d’accès Internet (pas tous, juste les 7 plus gros) de bloquer, par tous les moyens possibles (DPI, blocage DNS, IP, rafale d’AK47…) les sites de jeux en ligne qui n’ont pas de licence française. Un traitement que la LOPPSI promettait de n’appliquer qu’aux sites pédophiles. On s’est tout de suite dit que le lobby de la propriété intellectuelle (les moines copistes de DVD), allaient se ruer sur l’occasion afin de profiter (gratuitement) du zèle des fournisseurs d’accès.
On attendait avec une impatience non dissimulée les enseignements que le gouvernement allait tirer de son élan démocratique qu’inspirait un débat public sur la neutralité du Net. Le rapport circule en haut lieu, il s’intitule, tenez vous bien : « La neutralité de l’Internet. Un atout pour le développement de l’économie numérique ». Regardons ce qui, selon le gouvernement, représente des atouts pour le développement de l’économie numérique.
Avec un titre comme ça, on s’attend forcement à des mesures chocs qui favoriseront l’émergence de nouveaux acteurs, de nouveaux services, avoir un vrai Net exemplaire où tout est fait pour que la France se donne les moyens d’innover. On s’attend à des mesures spectaculaires comme l’Etat qui mettrait 15 milliards d’euros sur la table pour couvrir la France avec un réseau optique gigabit … mon dieu ce que vous êtes naifs !
La date de divulgation partielle de ce rapport est finement étudiée, comme toutes les âneries les plus difficiles à faire avaler à l’opinion publique, on a choisi de balancer ça en plein milieu des vacances en priant pour que la 3G ne passe pas sur la plage. Bien joué, mais manque de bol, moi les vacances en zones de tiers monde numérique (celles qui était sensées ne plus exister en 2012… vous savez le fameux plan Numériques 2012) ce n’est pas trop ma tasse de thé, j’ai un mot de mon docteur. Et pour ce que je découvre depuis hier par bribes sur le contenu de ce rapport, je dois bien avouer que je n’étais pas non plus à jour de mes vaccins… je suis tout simplement écoeuré qu’un dossier aussi important ai fait l’objet d’arbitrages interministériels d’une telle inconscience et qui masquent mal cette incompétence crasse qui plane au dessus de l’Elysée dés que l’on touche à Internet. Ce n’est pourtant pas compliqué, personne n’a demandé au gouvernement de spécifier IPV7 pour un draft à l’IETF, à peine attendons nous de lui qu’il respecte ce vieux texte poussiéreux qu’est la Constitution française et qu’il applique à l’Internet la même jouissance de nos libertés fondamentales qui font la fierté de notre République… Et bien non, au lieu de ça, la France est sur le point de rejoindre la liste des pays qui pratiquent la censure sur le Net, aux côtés de la Chine et de l’Iran… un résultat vraiment spectaculaire pour ce qui se présentait comme une consultation emprunte d’un élan démocratique.
Quand on lit ce qui ressort des bribes du rapport publié par Libération sur son site Ecrans, on craint le pire et on se dit qu’on avait déjà au moment de cette consultation, flairé un mauvais coup. Comme je n’ai toujours pas eu accès au rapport dans son intégralité j’émets donc quelques réserves mais je vais quand même me permettre de commenter ce que j’ai pu en lire. En outre, je ne saurais trop vous recommander la lecture attentive de l’article d’Astrid Girardeau sur Owni qui s’interroge sur la finalité du débat qui a animé cette consultation et qui souligne que le rapport ne se limite pas à la neutralité du net, mais englobe la neutralité des réseaux.
Je vais donc partir du principe que l’auteur de ce rapport franchement orienté est l’oeuvre d’une personne qui ne prend pas la mesure de ce qu’elle rapporte ici, je n’irais même pas perdre mon temps à aller chercher des « coupables », car vous allez voir que la situation a plus besoin de bonnes volontés pour trouver des solutions et éviter une catastrophe qu’autre chose. Il est clairement temps que nous nous mettions tous au travail, et ça va passer par supporter plus que jamais les travaux de la Quadrature du Net.
Allez, assez de blahblah, examinons ce qui ressort de ces conclusions.
Le document de 34 pages commence par des chiffres sur l’utilisation d’Internet et un historique sur la neutralité du Net. Ecrans entame le sujet en soulignant que « le Gouvernement consacre plus de la moitié du rapport aux « risques de congestion du réseau », considérés « de plus en plus importants ». » A ce niveau là, on parle encore de traffic shaping et de QoS. La première des conditions pour qu’un réseau soit neutre… c’est qu’il fonctionne. Si un FAI se prend 2 terabits de flood, il peut apparaître normal que ce dernier intervienne afin que cet incident n’impacte pas le bon fonctionnement de tout ses services… jusque là tout va bien.
« la préservation d’un Internet ouvert n’interdit pas la mise en place de mesures techniques, notamment de gestion de trafic ». Ici, on commence à annoncer subtilement la couleur, mais la gestion de trafic, dans un but de bon fonctionnement du réseau, ça reste acceptable à la seule condition que l’on définisse précisément, dans la plus grande transparence pourquoi tel noeud du réseau (et non tout le réseau de l’opérateur), se voit amputé de services ou fait l’objet d’un bridage quelconque. Le document parle alors de « modèles économiques pérennes et équitables pour l’ensemble des acteurs pour répondre à la hausse de la consommation de bande passante ». On effleure à peine la nécessité de se doter d’un réseau très haut débit, en revanche on souligne d’entrée que « ces contraintes peuvent amener les différents acteurs à des pratiques différenciées de gestion des contenus, des applications ou des terminaux, voire à développer des accords d’exclusivité »… une formule de politesse que l’on pourrait définir en un mot : « discrimination », soit l’antithèse de la neutralité… ça commence donc très fort. Le chapitre 2.2.1, page 11, nous explique que l’asymétrie de l’utilisation de certains services engendre de nouveaux coûts pour les opérateurs. Problème qui pourrait être résolu si nous avions nous aussi notre Youtube ou notre Facebook pour peser dans des négociations de délocalisation d’infrastructures afin d’équilibrer une fibre transatlantique qui n’est utilisée que dans le sens USA –> France … mais vu qu’on a rien à proposer aux américains et qu’avec ces conclusions, c’est pas demain la veille qu’on risque d’avoir un acteur capable de peser dans ce type de négociations, il ne nous reste plus qu’à opter pour des stratégies de cache de Megaupload, Youtube (…) ou de trouver une utilisation intelligente du peer to peer au lieu l’interdire..
Ecrans rapporte ensuite que le document s’acquitte du terme « neutralité » pour lui opposer le terme d’« Internet ouvert ». Alors pour commencer, un « Internet fermé », on appelle ça un Intranet, quand il y a des abonnés dessus et qu’il est accessible depuis l’extérieur par le réseau, à la limite, on appelle ça un extranet, mais surement pas Internet. Un fournisseur d’accès s’y est essayé, il s’appelait AOL… et AOL est mort… vous devinez pourquoi ? Et oui, c’est parce qu’il y avait « Internet, et Internet par AOL » (en bref, tout sauf Internet). Il va falloir que l’auteur de ce rapport revoit sérieusement ses bases car un « internet ouvert », c’est un pléonasme… impardonnable à ce niveau là.
En page 16 du document, on confirme gentiment le non sens de l’Internet ouvert opposé à l’Internet neutre en légitimant une pratique contraire à la neutralité d’un réseau qui consiste à y placer de l’intelligence en son « coeur » : « Toutefois le principe du end to end a toujours été conçu comme un principe pragmatique, visant à favoriser l’intelligence aux extrémités du réseau. Il n’interdit pas de mettre de l’intelligence en coeur de réseaux lorsque cela est pertinent. »
Ok, très bien… alors « pertinent » pour vous ça veut dire quoi ?
Quand il attaque la problématique de l’Internet mobile, le rapport souligne : « les capacités de réseaux plus restreintes [...] ne permettent pas de transposer, à brèves échéances les pratiques de l’Internet fixe » et il fait référence à des services : Les « échanges en P2P », « la consultation vidéo « en streaming » », les « services de voix sur IP » restent concernés par ces « limitations et restrictions ».
Là, il va falloir m’expliquer pourquoi quand j’utilise mon téléphone comme modem, mon opérateur tente de m’interdire (en échouant lamentablement) de surfer avec mon navigateur alors que ce même opérateur me propose de regarder la TV. Qu’un seul ose me dire que consulter une page web ou me servir de la voix sur ip, une poignée d’octets en comparaison d’un flux TV qu’on me propose en illimité, va créer des « congestions » sur le réseau de mon opérateur. Là, je commence à ne plus avoir de doute sur la partialité de l’auteur du rapport. Ça fera l’objet d’un autre billet, mais j’entends bien prouver que la deep packet inspection est déjà bien en place sur les réseaux des opérateurs téléphoniques. Le rapport ne trouve rien à redire aux pratiques d’interdiction de l’utilisation de certains services comme la voix sur IP et sous entend qu’il ne s’agit pas là de discrimination. J’ai promis à une personne qui se reconnaitra de ne pas taper trop fort, je vais donc ici m’abstenir de commenter ce point plus amplement.
L’internet du riche et l’Internet du pauvre
L’un des principes fondateurs de l’Internet induit par ce que l’on appelle la neutralité du Net, c’est que tout le monde a accès au même Internet sans qu’une discrimination ne s’opère. Là, on brise le mythe, et on s’égare dans une discrimination des services qui deviendrait monnayable. On ne parle pas de débits, mais clairement d’accès à certains services qui constituent Internet : « L’expéditeur peut payer un complément pour avoir des garanties de qualité de service. ». Si vous voulez être assurés que vos mails parviendront bien à leur destinataire, vous aurez peut-être à payer à votre opérateur un « supplément mail ». D’ailleurs le rapport ose cette splendide comparaison « Le service postal fonctionne [ndlr : comme Internet] sur une approche best effort. Il n’y a pas de ressources pré-allouées dans le bureau de poste. Le facteur fait ses meilleurs efforts pour délivrer le courrier mais celui-ci peut être retardé en cas de surcharge, et l’expéditeur n’a pas la garantie que le courrier soit délivré avec succès. Cependant, l’expéditeur peut payer un complément pour avoir des garanties de qualité de service. ». Un seul mot me vient à l’esprit : M.A.G.N.I.F.I.Q.U.E. A quand l’option « smtp qui fonctionne » à 5 euros par mois chez Orange ?
DPI pour tout le monde, censure annoncée (2.3.2 De nouveaux mécanismes, plus intrusifs, de gestion du trafic – page 18)
Et si le débat sur la neutralité du Net n’était en fait que l’occasion de consacrer la DPI, le filtrage et le blocage des sites ? C’est la question que je me posais ici en plein colloque de l’ARCEP pour lequel je n’ai pas même réussi à obtenir mon entrée. Contre toute attente, comme le rapporte Ecrans, la réponse du gouvernement est la suivante : Le rapport va droit au but, assimilant « le traitement différencié de certains flux », dans le cadre du respect des obligations légales, à une« nécessité ». Il précise : « sur l’Internet, comme ailleurs, les agissements illicites (fraudes et escroqueries, délits de presse, atteintes à la vie privée, contrefaçon, piratage des oeuvres protégées par le droit d’auteur, diffusion de contenus pédopornographiques, etc.) doivent être poursuivis et sanctionnés, ce qui peut impliquer la mise en place de dispositifs de filtrage ou de blocage de certains contenus » et de conclure par un superbe « et cætera » dans lequel on pourra par exemple coller allègrement la diffamation, l’outrage au drapeau, la divergence d’opinion… CE QUE VOUS VOULEZ… le vrai symbole d’un « Internet ouvert », on nous avait pas dit que c’était un Internet qui « ouvrait la porte à toutes les fenêtres », c’est maintenant chose faite. Si vous n’avez pas saisi, on parle bien de flicage des internautes où la responsabilité judiciaire serait endossée par les fournisseurs d’accès à qui on confierait les mêmes pouvoirs que les douanes, à savoir une commission rogatoire permanente lui permettant d’analyser toutes vos requêtes et où il pourrait décider de les acheminer ou de les bloquer. Soit en le faisant de manière qui viole clairement votre vie privée, avec la deep packet inspection, soit en se basant sur une analyse statistique (avec un taux d’erreur allant de 6 à 10% selon les papiers de recherche que j’ai pu avoir sous les yeux) avec la stochastic packet inspection. Le point du délit de presse mentionné dans ce rapport est aussi particulièrement inquiétant, on peut en conclure que Médiapart aurait été filtré ou plutôt bloqué à la publication des enregistrements pirates de l’affaire Bettencourt et on s’interroge sur qui aurait pu prendre cette décision (le fournisseur d’accès ? un juge ? l’Elysée ? Le ministère des bonnes moeurs sur Internet ? Frédéric Mitterrand ?…). J’ai du mal à ne pas faire le rapport avec la proposition de résolution sur la liberté de la presse de Muriel Marland-Militello. Le rapport a quand même le bon goût de signaler la DPI comme une technologie intrusive qui pourrait être utilisée à d’autres fins que celles prévenues initialement.
« Quand t’es au fond, il suffit de creuser un peu plus »
« l’AppStore et ne prend pas en charge la technologie Flash, suscite naturellement des questions par rapport à l’objectif de neutralité de l’Internet. »
On assiste enfin ici à une démonstration supplémentaire (et franchement triste) de l’incompétence du rédacteur du rapport qui ne sait visiblement pas que Flash ne fait pas « partie d’Internet » (ou alors j’ai loupé son introduction au W3C et la RFC de l’IETF ). C’est ici une société qui vend un produit propriétaire et qui discrimine la technologie propriétaire d’une autre société, mais ce n’est en aucun cas une atteinte à la neutralité du Net puisque Flash n’a jamais fait parti du Net. Ça respire l’amateurisme et à ce niveau c’est tout bonnement consternant.
En conclusion
Il est triste que la consultation sur la Neutralité du Net, le colloque de l’ARCEP et les tonnes de rapports déjà produits aboutissent à ce que je viens de lire. Même les choses les plus élémentaires comme la définition des termes que l’on y emploi ne sont pas maîtrisées. Je peine à croire que ce compte rendu ait été réalisé avec l’impartialité que l’exercice exige, il est truffé de non sens. La prochaine étape logique serait que le Gouvernement assimile certains usages cryptographiques à des pratiques illicites et n’en vienne à les règlementer, ou qu’il contraigne les FAI à filtrer comme ils peuvent les paquets qu’ils ne peuvent pas déchiffrer. Ça vous paraît ahurissant ? Et pourtant ça colle tellement avec le couplet sur le filtrage, c’est d’une logique implacable, nous risquons bien de nous retrouver avec une obligation de détenir un permis pour avoir le droit d’utiliser SSH.
Si Coluche avait pu constater le nombre d’âneries que contient ce rapport, il aurait conclu que c’est un peu comme un artichaut : « plus on en mange, plus on en a dans l’assiette ».
Je m’arrête ici pour ce soir, mais il risque fort d’y en avoir une seconde couche une fois que ce document sera officiellement rendu public.
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Billet original de TimCruz.
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J'ai 40 ans, je suis né dans la campagne française et quand mes parents étrangers, lors de mes 16 ans, m'ont demandé si je souhaitais embrasser la nationalité française, je ne me suis même pas posé la question.