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    • Moulart Antonin : Pouquoi une alternative aux réseaux sociaux dominants est vitale à la protection de la vie privée


      Qui vous surveille sur internet ? OWNI.fr - Creative Commons BY-NC-SA

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      Sources: Owni.fr

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      Original post of Moulart Antonin.
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    • Orange donne un aperçu de l’internet sans neutralité du net


      Lisez Orange donne un aperçu de l’internet sans neutralité du net et ses commentaires sur ReadWriteWeb France — Hadopi, Loppsi, Acta, Deep Packet Inspection, VPN… Impacts, conséquences et actualité des nouvelles technologies


      innovationIl aura fallu moins d’un mois après la prise de contrôle de Deezer par Orange pour que ce dernier verrouille le marché de la musique en Stream français. Pour cela, il lui a suffit d’enfreindre la neutralité du net.

      Dans un email à l’attention des utilisateurs de Wormee, Orange annonce le remplacement de ce dernier par Deezer. Rien de surprenant, Wormee n’avait jamais rencontré de succès auprès du public.

      Le plus surprenant est l’annonce par l’opérateur internet de nouveaux forfaits intégrant un abonnement premium Deezer.

      orange-deezer
      Pour les forfaits ADSL, et pour les nouveau abonnés (qui se font de plus en plus rare chez Orange), l’abonnement premium Deezer est proposé pour un surplus de 5€ par mois, soit deux fois moins que les offres concurrentes comme Spotify. Une politique de prix agressive, mais à moins qu’il s’agisse d’une vente à perte – quelque chose de très difficile à vérifier – il n’y a là rien à redire.

      Pour les forfaits mobiles, c’est une autre histoire.

      Les forfaits mobiles de Orange, comme tous les forfaits mobiles disponibles en France, ne proposent pas internet en illimité. En pratique, au delà d’une certaine quantité de données téléchargées, vous n’aurez accès au web que sous une forme très dégradée. Inutile d’esperer pouvoir écouter de la musique en Stream avec un mobile… Sauf avec Deezer, qui suite à son intégration à Orange, se voit attribuer des conditions spécifiques.

      Deezer sera donc ‘hors forfait’, et réellement illimité, sur les formules premium commercialisées dès la rentrée par Orange.

      hauteur-limite

      Au final, on n’est pas loin d’un début de privatisation de la licence globale, et comme on a introduit un acteur en plus dans la chaîne – les fournisseurs d’accès – les grands perdants seront les artistes, à coup sûr. On comprend mieux pourquoi l’ex ministre de la Culture, Christine Albanel, désormais à la tête de plusieurs départements ‘entertainment’ chez Orange, s’était vigoureusement opposée à la licence globale. Cela aurait en effet représenté un énorme manque à gagner pour Orange.

      Conséquences

      Il est désormais impossible pour la moindre startup de s’aventurer sur le terrain de la musique en Stream. Avec un tel avantage, Orange crée une barrière à l’entrée qu’aucune startup ne pourra franchir. Qui pourrait être en mesure de proposer ainsi de passer outre les limitations imposées par les opérateurs internet sur leurs propres réseaux ?

      En pratique, seul SFR peut répliquer à une telle offre, non seulement parce qu’il possède lui aussi un réseau, mais parce que sa maison mère, Vivendi, possède un solide catalogue en matière de musique.

      L’offre de SFR pourrait même aller plus loin, en mettant systématiquement en avant les artistes maison, faisant de Vivendi Universal un passage obligé pour les artistes souhaitant accéder à toute une partie du public.

      Le marché de la musique est désormais exclusivement dans les mains des FAI… et d’Apple.

      music-forbitten

      Paroles, paroles, paroles…

      Voilà, c’est fait. La neutralité du net, qui n’a jamais vraiment été appliquée sur le mobile, produit ses premiers effets. Quelque soit les résultats d’une éventuelle négociation aboutissant sur une gestion collective des droits, promise par NKM, le marché de la musique est désormais verrouillé par les fournisseurs d’accès internet.

      Il ne reste que l’offre ‘pirate’ pour mettre en avant des innovations, car une chose est sûre, c’en est fini de toute forme d’innovation – autre que marketing – du coté de l’offre légale.

      Orange a-t-il déjà écrit le texte de loi ?

      Peut-on dès à présent considérer que les discussions à venir en septembre au parlement au sujet de la neutralité du net ne sont qu’une mascarade ?

      snowball2

      Une société comme Orange aurait-elle pris le risque d’entamer depuis près d’un an une vaste campagne de publicité (il y a internet et internet par Orange) sans s’assurer auparavant d’une issue favorable à son égard de la future loi ?

      L’annonce d’un forfait violant ouvertement la neutralité du net et verrouillant de facto l’innovation d’un secteur tout entier est soit un affront fait à la représentation nationale, lui signifiant de façon méprisante son impuissance face à la puissance de ses lobbies, soit le signe que tout est déjà écrit, et que les députés qui seront en charge de la loi n’ont, au final, pas leur mot à dire.

      Après la musique, quoi d’autre ?

      Si une telle insulte faite par une entreprise privée à la représentation nationale passe sans encombres, il y a fort à parier que le monde que les opérateurs nous préparent demain sera lui aussi totalement verrouillé.

      Dailymotion, une autre startup sur laquelle pèse un fort soupçon de mainmise de l’Etat, devrait logiquement subir le même sort, ou plutôt bénéficier des mêmes privilèges.

      innovation2

      Des forfaits mobiles pas vraiment illimités ‘sauf pour Dailymotion’ devraient suivre, laissant YouTube, Vimeo, et une multitudes d’autres acteurs ainsi que l’ensemble des WebTV sur une voie de garage.

      Suivra, dans un futur plus éloigné, l’internet des objets, dont une large partie devrait voir leur accès à internet se faire au moyen de l’internet mobile. Lui aussi sera verrouillé, et là encore, inutile d’espérer voir poindre la moindre innovation dans un territoire sous le contrôle des fournisseurs d’accès.

      Ce sont deux champs d’innovations majeures que l’on s’apprête à ainsi sacrifier, car pour ce qui est d’être en mesure de faire de l’innovation, les fournisseurs d’accès ont depuis longtemps fait preuve de leur incapacité à faire quoi que ce soit. Orange a ainsi lancé des alternatives à Flickr et Netvibes dont personne n’a retenu ne serait-ce que le nom.

      Si la neutralité du net venait à disparaître en France (y compris sur l’internet classique)

      Mais ce verrouillage de l’innovation et de l’information sur le mobile n’est qu’une étape. La seconde, dont le sort devrait également être réglé à partir de septembre à l’assemblée, est la préservation (ou pas) de la neutralité du net sur l’internet classique.

      Si la neutralité du net venait à y disparaître, nous aurions en peu de temps un scénario similaire avec les abonnements ADSL et cable.

      Augmentation fulgurante des forfaits réellement illimités, et apparition en lieu et place de forfaits limités en terme de quantité de données téléchargeable, disposant d’une multitude d’exceptions ‘hors forfait’. Deezer, Dailymotion, dans un premier temps, puis tôt ou tard, un groupement de source d’information ‘agréées’.

      A terme, un contrôle quasi absolu sur l’internet et l’information.

      (images réalisées à partir de photos CC-by de zigazou76 et de jjjohn)

    • Another official Ubuntu advert you likely never saw...


      A few weeks back we featured an official promotional advert for Ubuntu that barely anyone had ever seen which totally rocked. Today we're back with another, courtesy of the very ace John Bernard in Canonical's marketing team.

      There isn't much info on this one sadly as it is a fair bit older than the last. The advert promotes Ubuntu Netbook Remix (as it was known back then) as the ideal OS for users on Netbooks etc and is a stunningly gorgeous advert that really does the OS justice.



      (P.S As this is a WebM video watch it in 480p rather than 360p)


      Hopefully this video inspires you to get creating some awesome adverts of your own and submitting them to the MaverickMovies wiki page!
      Article originally appeared on www.omgubuntu.co.uk | If you're reading this elsewhere then sue.

    • "Aux Etats-Unis, les immigrés sont mieux traités qu'en France"


      Faisant écho aux débats français sur l'immigration, Hélène Crié-Wiesner partage son expérience de naturalisation américaine.

      Une femme lit un pamphlet avant d'être naturalisée américaine à Boston, en juillet 2010 (Brian Snyder/Reuters)

      en lire plus

    • Les artistes sont-ils plus sujets aux delires psychotiques?



      Par ce très joli titre, je ne souhaite absolument pas porter atteinte a ces indispensables créateurs de merveilles, oui les artistes.
      Cependant, ce titre a été motivé par le merveilleux clip qui va suivre. Il accompagne une très sympathique musique de dj Chernobyl (si vous pensez avoir une piste sur la nature du clip, vous vous plantez comme moi la première fois) remixé par Lorcan Mak.

      Place au sujet principal de ce billet:

      Ça envois du patté quand même.

    • [musique] Dream boat


      Oh je sent que je vais me faire de nouveau lecteurs avec de telles illustrations !

      Dream Boat ... Je ne connais pas vraiment ce 'groupe'. C'est d'un style psychédélique, envoutant ... En tout cas ça m'a immédiatement charmé.
      Un petit clip pour vous présenter le style:

      Quelques liens:

    • Framablog : Les jeunes ne jurent que par Apple (et se foutent du logiciel libre ?)


      Multitrack - CC byIndépendamment de la question financière, que choisirait actuellement un jeune bachelier si il avait le choix de s’équiper en matériel high tech ?

      Ce n’est qu’une impression mais il semblerait bien que tous ou presque souhaitent désormais posséder du Apple : MacBook, iPod, iPhone, iPad…

      Deux liens qui corroborent cette impression.

      Le premier lien est économique. Un cabinet financier américain vient tout juste de dégrader la notation de Microsoft estimant que l’éditeur ne parvenait pas à séduire les jeunes générations (source ZDNet). Ainsi 70% des étudiants entrant à l’université possèderaient un Mac[1].

      Cela fait beaucoup quand même ! Mais justement le second lien est académique. Le département Information Technology and Communication de l’Université de Virginie nous propose d’intéressantes statistiques sur l’équipement informatique de ses étudiants de première année.

      On peut y constater de notables évolutions de 1997 à nos jours. Comme on s’y attendait les étudiants tendent à être tous équipés, et au profit aujourd’hui presque exclusif de l’ordinateur portable. Mais pour quel OS ? Et là effectivement la comparaison est édifiante. Les courbes de Windows et de Mac suivent des chemins diamétralement opposés. En 2004, nous avions 89% pour Windows et 8% pour le Mac. En 2009 c’est 56% de Windows et 43% de Mac. On est encore loin des 70% évoqués plus haut, mais au train où vont les choses, c’est apparemment pour bientôt.

      Pourquoi avoir choisi l’année 2004 comme repère ? Parce qu’ils étaient alors 77 étudiants à avoir un autre OS que Windows ou Mac (autrement dit un OS libre). Or ils ne sont plus que 8 en 2010, soit 0,3% !

      D’où cette double question que je soumets à votre sagacité : Est-ce que selon vous Apple fascine réellement toute la jeunesse ? Et si oui cela a-t-il, dès aujourd’hui et pire encore demain, des conséquences sur le logiciel libre ?

      À parcourir ces trois récents articles du Framablog : Pourquoi je n’achèterai pas un iPad, La fin du Web ouvert - Apple ou la banlieue riche du Web et Combien de futurs hackers Apple est-il en train de tuer ?, je crains déjà votre réponse. Et me demande dans la foulée si cela ne met pas une nouvelle fois en exergue la faillite absolue en amont de l’école (et des parents) quant à la sensibilisation au logiciel libre et sa culture.

      Notes

      [1] Crédit photo : Multitrack (Creative Commons By)

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      Billet original de Framablog.
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    • [musique] PopCorn


      Je suis quasi sur que c'est la musique d'electro la plus écouté ou reprise. Qui ne connais pas PopCorn ? Composé par Gershon Kingsley et paru la première fois en 1969 dans son album intitulé "Music to moog by".

      Et bien sur, quelques remix de tout genre:

      C'est tellement mythique n'est-ce pas ? ^^

    • La neutralité du Net s’est jouée à Bercy


      Il n’aura fallu finalement que très peu de temps pour nous permettre de comprendre qui tire réellement les ficelles. Dans le précédent billet, je m’interrogeais sur qui pouvait bien être l’auteur du rapport gouvernemental sur la neutralité du Net. Je viens d’avoir confirmation que les auditions se sont déroulées à Bercy au Ministère des finances et de l’industrie et j’y vois là un très mauvais présage. Si les conseillers de NKM ont bien participé aux auditions, ce n’étaient pas eux qui tenaient les rênes. Pour m’être entretenu avec deux d’entre eux, il me paraissait évident qu’ils ne pouvaient pas être les auteurs de ce rapport, ils sont techniquement trop compétents pour accoucher de ce genre de choses. Les auditions conduites à Bercy ont débouché au rapport que nous connaissons, tout indique aujourd’hui qu’il est l’oeuvre du Ministère des finances et de l’industrie

      Un incompétence compréhensible mais pas pardonnable

      Quand on souhaite faire passer des idées en force, le meilleur moyen d’y parvenir, c’est de choisir de bons soldats corvéables à merci et surtout totalement incompétents pour avoir une réflexion sur le sujet qu’on leur demande de traiter. On l’a vu avec HADOPI et Christine Albanel, venant parler de firewall et défendre des idées auxquelles elle ne comprenait manifestement pas grand chose, puisque ce n’était pas les siennes mais celles dictées par le lobby des moines copistes de DVD. Il faut croire que le secrétariat d’Etat à l’Economie Numérique était, lui, trop compétent pour conduire une réflexion sur la neutralité du Net, tout comme il l’était pour s’exprimer au sujet d’HADOPI. Cruelle ironie, le destin de notre Internet encore neutre à ce moment a donc été placé dans les mains du Ministère des finances et de l’Industrie. On comprend donc mieux les égarements et les inexactitudes dont le rapport est truffé.

      Il y a sérieusement de quoi s’interroger sur le rôle de représentation que l’Elysée à souhaité donner au secrétariat d’État tout en lui ordonnant de ne jamais intervenir sur des sujets comme Loppsi, le RGI, la Hadopi, l’ARJEL … lui préférent des services moins compétents mais assurément plus malléables.

      Des auditions orientées

      Nous l’avons vu dans un billet précédent, l’empreinte d’Orange sur ce rapport est difficilement contestable. De toute évidence, Bercy aurait conduit les auditions de manière très orientée, en faveur de deux fournisseurs d’accès : Orange et SFR. Les deux FAI se rejoignent effectivement sur beaucoup de points, je ne vais pas tous vous les énoncer ici mais en vrac nous avons :

      • une convergence de rancoeur contre Free à qui SFR a déjà publiquement reproché d’avoir imposé un prix d’abonnement trop bas ;
      • la conviction qu’il est nécessaire d’avoir des offres différenciées ;
      • un accord sur le déploiement de la fibre optique (GPON et monofibre) … à priori, rien à voir avec le sujet qui nous intéresse ici, mais quand on y regarde de plus près…

      Parmi les points abordés dans les auditions, la segmentation de l’offre portées par SFR et Orange est un principe qui est lui aussi adopté et préconisé dans le rapport. D’un point de vue personnel je ne suis pas spécialement d’accord car je flaire que ceci sera un prétexte supplémentaire à une nouvelle foire d’empoigne sur le déploiement de la fibre optique. A ce sujet, Orange prétendait avoir stoppé ses déploiements, la réalité est toute autre, l’opérateur historique pose des kilomètres de fibres et entend bien proposer son réseau en location aux autres opérateurs.

      Le prix des abonnements et la spécificité française qui consiste à ne proposer qu’une seule offre et un prix aligné sur celui de Free qui historiquement n’a toujours eu qu’une seule offre haut débit (nous ne parlerons volontairement pas des zones non dégroupées où l’opérateur historique jouit d’une position dominante), est aussi l’un des facteurs qui ont pesé sur les négociations. Là encore l’arbitrage de Bercy est perceptible, le rapport indique à plusieurs reprises que les financements nécessitent une hausse des tarifs et donne ainsi sa bénédiction à SFR pour qui il devient crucial d’augmenter ses marges et une offre premium serait pour l’opérateur la solution.

      Enfin quand une consultation portant sur la neutralité du Net débouche sur des préconisations ouvrant la porte à la deep packet inspection et qu’il préconise le filtrage et le blocage, on se doute bien qu’il n’est pas l’oeuvre d’un travail issu d’une réflexion réelle sur des problématiques de neutralité et qu’il n’est en fait que le produit d’une stratégie décidée dans d’autres sphères.

      Les représentants du secrétariat d’État  l’économie numérique semblent ne pas avoir pesé bien lourd pendant les auditions et il y a peu de chances qu’ils aient réellement participé à l’élaboration de se rapport.

      Mouvement de troupes à l’ARCEP

      Ce qui suit n’est pas une cause ou une conséquence du rapport sur la neutralité du Net, cependant, les choses bougent à l’ARCEP et il faut conserver un oeil attentif sur l’autorité de régulation pour comprendre ce qu’il s’y passes. Depuis le départ de Paul Champsaur de la présidence de l’ARCEP, il y a eu un sacré turnover. C’est assez triste car l’ARCEP a des compétences bien réelles et une vision plutôt juste du secteur. Jean-Claude Mallet, président pendant seulement 6 mois, selon la version officielle, serait parti pour des raisons de santé. Des rumeurs font état d’une autre version, ce dernier aurait compris qu’on ne le laisserait pas évoluer comme il l’aurait souhaité, il aurait donc préféré partir. L’actuel président, Jean-Ludovic Silicani aurait lui des positions bien moins pro net neutrality que beaucoup de membres du collège, comme Nicolas Curien ou Joelle Toledano. Depuis l’arrivée du nouveau président, des tensions internes auraient conduit certains des membres du collège à quitter l’autorité de régulation des télécoms. C’est par exemple le cas de l’un des principaux rédacteurs du rapport sur la neutralité du net, faisant suite au colloque organisé par l’ARCEP. On trouve donc aujourd’hui dans l’autorité de régulation pas mal de membres issus du gouvernement.

      Le rapport du gouvernement intervenant 3 mois à peine après le rapport de l’ARCEP sur le même thème et affichant des positions bien plus tranchées, on se demande si le jeux de chaises musicales n’est pas une conséquence des frictions que susciterait un projet de controle de l’Internet à des fins électoralistes, au détriment de l’intérêt commun.

      L’économie numérique devrait être confiée à Bercy

      La suite, vous la connaissez, je vous en ai parlé plusieurs fois sur ce blog. Ça avait commencé fin mai, je m’interrogeais sur le futur du secrétariat d’Etat à l’Economie Numérique, je réaffirmais mes interrogations en juillet dernier à ce sujet. Peu de doutes aujourd’hui sur ce qui va suivre au prochain remaniement ministériel. Internet devrait être confié au Ministère des finances et de l’industrie. On comprend donc mieux les positions pro fournisseurs d’accès et le rejet systématique des positions des autres parties.

      Parallèlement, plusieurs sources m’ont confirmé que le secrétariat d’Etat à l’Economie Numérique s’est désertifié, normal me direz vous, tout le monde est parti en vacances… et bien non, on sent cette brise légère annonciatrice d’un remaniement ministériel. Le sort du Secrétariat d’Etat à l’Economie numérique semble gravé dans le marbre et il se pourrait bien que notre prochain ministre soit Christian Estrosi.

      En confiant Internet à un fidèle, l’Elysée amorce une stratégie de pré-campagne pour « contrôler Internet » avant l’échance de 2012.

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    • HADOPI : vous n’aurez même pas le droit de prouver votre innocence


      Je viens de tomber sur un billet de Pierre Chappaz. La réputation du monsieur n’est plus à faire, entreprenaute self made man, pour lequel je ne me cacherai pas de vouer une certaine admiration, Pierre Chappaz est une figure incontournable du Net français, fondateur de Wikio, un moment patron de Netvibes, fondateur de Kelkoo… autant vous dire que c’est avec le plus grand respect qu’il convient d’aborder le bonhomme. Et ça, Eric Walter, secrétaire général de la Hadopi semble l’avoir compris au point de solliciter un rendez-vous avec lui.

      Piree Chappaz n’a jamais caché ses penchants anti-HADOPI, comme l’immense majorité des entrepreneurs, bloggeurs (le frère de Nathalie Kosciusco-Morizet lui-même n’a pas de mots assez durs pour qualifier HADOPI)… bref, tous les gens pour qui le Net n’est pas une vaste abstraction. Du coup, cette rencontre incongrue aura permis la révélation d’un scoop : chers internautes, la HADOPI a définitivement abandonné l’idée de la seule contrepartie vous permettant de vous défendre en cas d’accusation infondée : le logiciel de « sécurisation » a été abandonné.

      On attendait les spécifications de ce logiciel avec impatience, en fait on en rigolait par avance car n’importe quel internaute un peu sensé pouvait se rendre compte par lui même que ce fantasme émanait de tortueux esprits pour lesquels la suite OpenOffice est un firewall. On a donc sorti du chapeau un éminent expert en sécurité qui aurait accepté cette mission (j’en ai la larme à l’oeil, veuillez m’excusez), Michel Riguidel… du lourd quoi ! Il faut comprendre que le monsieur a un aure truc à nous vendre, le Deep Packet Inspection, la lie des dispositifs de filtrage dans une démocratie qui se respecte. Mais l’ami Riguidel, lui, il est pas là non plus pour défendre l’Etat de droit ou la séparation des pouvoirs. L’entrave à la liberté d’expression, il en ferait même un fond de commerce (quand on vend des Tazers, on ne va pas demander l’avis d’un cardiologue !). Cependant, nous pouvons remercier notre expert car il nous aura procuré de bons moments de rigolade grâce à Orange. Ajoutez à ceci que la Commission des lois du Sénat vient d’entériner une LOPPSI se passant du juge pour le blocage des sites et vous avez tous les éléments en main pour autoriser le filtrage politique sur décision du « ministère de la police » ! On est plus dans le théorique du tout, on est dans une situation où tout se met en place pour rendre possible le muselage d’Internet, et donc asphyxier son économie. Cerise sur le gâteau, le Sénateur Masson, véritable expert en anonymat auto-diffamatoire (ce qui lui aura valu un an d’inéligibilité et qui n’est pas fait pour porter une once de crédibilité à sa démarche), cherche à introduire le passeport biométrique pour l’ouverture d’un skyblog… il ne faudra pas donc s’étonner de voir tout un pan de notre économie générateur d’emplois disparaitre en France.

      J’en profite pour vous rappeler, en ses propres termes l’article 16 de la décision du Conseil Constitutionnel d’HADOPI 1 :

      (…) eu égard à la nature de la liberté garantie par l’article 11 de la Déclaration de 1789, le législateur ne pouvait, quelles que soient les garanties encadrant le prononcé des sanctions, confier de tels pouvoirs à une autorité administrative dans le but de protéger les droits des titulaires du droit d’auteur et de droits voisins ;

      Comprenez que seul un juge peut décider de priver un citoyen de jouir de l’exercice de sa liberté d’expression dont Internet est devenu une composante incontournable.

      Plus qu’une anecdote : une véritable menace pour notre démocratie

      Pierre Chappaz lève aujourd’hui le doute et confirme ce que nous pensions tous depuis le début : la sécurisation d’une connexion wifi est impossible à l’échelle des fournisseurs d’accès sur l’ensemble du parc des « box ». Des fournisseurs d’accès livrent leur matériel, dans le meilleur des cas, avec du WPA/TKIP activé par défaut (vulnérable à des attaques par bruteforcing ou man in the middle), avec du WEP (chiffrement crackable en quelques minutes) dans le pire des cas. Eric Walter lui a confié « que le logiciel de sécurisation des routeurs Wifi était enterré« . Ce dispositif était inscrit dans HADOPI première du nom qui a connu le cuisant échec qu’on lui connait en se prenant un bash d’anthologie au Conseil des Sages. Et par une pirouette législative, les députés ayant omis de réinscrire cette obligation dans HADOPI 2, la Haute Autorité a décrété qu’elle pouvait donc s’en passer… c’est d’une malhonnêteté crasse, mais on en est plus à ça près.

      Aujourd’hui la CNIL a donné son feu vert pour la collecte des IP par les ayants-droit (enfin les sociétés mandatées par ces derniers). Rappelons que son président, Alex Turk, lauréat d’un Big Brother Harward et surtout élu UMP semblait freiner des deux pieds … mais ce n’était là qu’une façade supplémentaire. Nicolas Sarkozy a été bien inspiré de placer un pion à la tête de la CNIL, c’est toujours plus pratique pour faire passer la pilule de l’inacceptable.

      Je me joins donc aux 5 gus dans leur garage pour vous demander, à vous élus de ma circonscription (la seconde d’Orléans), de ramener à la raison tout ce petit monde qui est en train de commettre une bourde tellurique dont nous paierons tous les conséquences pendant plusieurs années. On estime à plus de 30% les faux positif si les ayants droits font très bien leur travail (en pratique ce sera donc bien plus et vous pouvez faire confiance aux internautes pour rendre la tâche à la HADOPI bien plus complexe avec Seedfuck et ses évolutions qui font froid dans le dos et ridiculisant la fiabilité de l’adresse IP comme preuve) sans leur offrir le moyen de se défendre. Les internautes iront donc en justice. Comme l’adresse IP est l’élément le plus faible de preuve que l’on puisse imaginer et attendu qu’il est le seul à la disposition de la HADOPI, ce sont des centaines, des milliers de personnes, qui, accusées à tort, iront en justice … et gagneront… tout ça aux frais du contribuable.

      Si vous êtes élu et que vous entendez cet appel, je me tiens à votre disposition pour vous expliquer toute la dangerosité de cette loi fort mal inspirée et que chacun sait guidée par un lobby qui ne représente pas même 1% de notre PNB… parole de ministre.

      Il devient impératif de siffler la fin de la récréation et d’abroger HADOPI !

    • Le site du Grand Paris distribue toujours des malwares


      Nous en avions discuté ici en pleine polémique sur le site France.fr. Le site du projet du « Grand Paris », un des sujets brûlant des dernières élections régionales a été compromis. Une mauvaise configuration aurait ouvert la porte à un cross site scripting et surement d’autres joyeusetés, résultant à une compromission du site qui n’est aujourd’hui qu’un nid à malware.

      J’avais à l’époque prévenu OVH en sa qualité d’hébergeur mais ce dernier, malgrés les plusieurs tentatives de contact (mail/twitter), n’a jamais daigné répondre, il était bien plus bavard sur le topic chaud du moment, France.fr, qu’il s’est proposé d’héberger… surement plus porteur en terme de communication. C’est dans un sens plutôt normal car OVH n’infogère pas ce site, son rôle se limitant à l’hébergement, il n’est donc pas missionné pour réparer les sites du gouvernement.

      Quinze jours après, la situation n’a pas changé. Le site du Grand Paris, hébergé en sous domaine de celui du ministère la culture présente toujours les mêmes vulnérabilités et distribue toujours autant de malwares.

      Mais s’il n’y avait que ça …

      Le ministère de la culture dispose de 2 domaines principaux (culture.fr et culture.gouv.fr).Le domaine culture.fr propose plus d’une centaine de sous domaines. Les solutions techniques déployées sont très hétérogènes et certaines datent de Mathusalem. C’est par exemple le cas du catalogue partagé du réseau documentaire de l’administration centrale. Le Tomcat 4.1.18 est en proie à plusieurs vulnérabilités plus ou moins importantes, exploitables à distance, comme une RequestDispatcher directory traversal vulnerability, des vulnérabilités xss sur les servlets (utilisables pour du vol de session par exemple),  j’en passe et des meilleurs…

      Je ne m’attends donc pas spécialement à plus de réponse des services concernés, mais il serait bienvenu de la part du ministère de la culture, qui a porté le délit de négligence caractérisée pendant les débats sur HADOPI, qu’il montre le bon exemple. Rien que pour le domaine *.culture.fr, il y a de quoi présenter une nouvelle vulnérabilité critique par jour pendant 1 an.

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    • Racisme : l'ONU s'inquiète du "discours politique" français


      Ban Ki-Moon et Nicolas Sarkozy se rencontrent à New York, le 29 mars 2010 (Stan Hood/Reuters).

      A Genève, depuis deux jours, le Comité de l'ONU pour l'élimination de la discrimination raciale (CEDR) examine la situation de la France, qui a ratifié la convention correspondante en 1973. Face aux délégués français, les experts s'inquiètent de la recrudescence du racisme « dans le discours politique ». Le carnet de circulation des gens du voyage « rappelle l'époque de Pétain », a déclaré l'un d'eux.

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    • Je rentre dans mon pays à cause du climat raciste en France


      « Ma décision est prise. Je rentre définitivement au Maroc en 2011. » Mohamed, ingénieur de 25 ans, témoigne.

      Un buste noir et blanc de Marianne, au lycée professionnel Brassens en Seine-Saint-Denis (Meyer/Tendance Floue).

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    • Tous coupables !



      « - Dehors les romanos ! »

      Christian Clavier dans les visiteurs (1992), gros succès populaire du cinéma français de divertissement.

      * * *

      Lors de mon bref mais intense isolement d'été sans télé ni net, rarement de radio et peu de ces papiers journaux où l'information d'août se carapace en QCM de psycho-cul accolés au fil faits-divers de l'AFP, le peu qui m'est parvenu de la vie politique française fut ébouriffant :

      - Des bravades à la xénophobie décomplexée de la part des cerbères, porte-flingues de l'UMP et autres suceurs de boules à visées ministérielles.

      - de désespérants appels à la déchéance de nationalité de la part des patriotes de Neuilly.

      - Des sondages Dassault (la prochaine fois on nous promet des pourcentages à 3 chiffres)

      - Des feuilletons d'arrestations et d'expulsions de Nantes à Grenoble dignes des meilleurs épisodes de Plus belle la vie, avec sa fin alternative en bonus mineur : la mort d'ado à Mantes.

      Bref, le gouvernement avait un petit coup de mou depuis deux ans (l'habitude de ses bons résultats en terme d'économie et d'emploi peut-être) mais là tout va bien : il a les choses en main. On va taser ! va pouvoir chanter Gilbert Montagné, les indigents en roulotte et les basanés avec des noms comme Akim ou Youssuf, sonnant pas aussi gaulois que Roger, Enzo ou Brandon, vont dérouiller.

      En période de crise, lorsqu'aucune reprise économique autre que celle du train de vie des plus grosses fortunes n'est constatée, la combine éculée du bouc émissaire sur fond d'amalgame et de peur de l'autre, est un classique de la gouvernance pour les nuls.

      (UMP 2012, c'est d'abord un axe fort : sensibilité et renouvellement.)

      Comme dirait Eric Woerth, rendons d’abord à César ce qui est à César : non, notre monarque n'est pas raciste. Je parie un 747 présidentiel et son four à pizza qu'il préfèrera un arabe riche, musulman ou pas, non naturalisé, à un catholique blanc comme une hostie, tamponné viande française, dont on peut garantir que l'ascendance n'a pas quitté le triangle Lille-Roubaix-Tourcoing depuis quinze générations mais, affublé de ce genre de pauvreté, à base de teint blafard et de doudoune à bas coup, le rendant hautement suspect aux yeux du vigile à peine franchit le portique d'entrée du supermarket à sous-bouffe.

      (C'était l'occasion ou jamais de sortir ma dédicace de Tronchet.)

      Racisme... pfff... non mais ça va pas. Le monarque est au-dessus de ces considérations cristallisant les idées de ceux qui n'en n'ont pas des masses. En revanche, il s'en sert.

      Son sectarisme est tout autre, purement lié au train de vie. A ce titre, il est d’ailleurs complexé : A l’inverse d’un tycoon tel Berlusconi, malgré son auto-augmentation de salaire immédiate de 140% (19.900 / mensuel, histoire de ne pas jouer le rôle du Rom sur le yacht à Bolloré) notre monarque se morfond dans la cour des nains de jardin de l’oligarchie des super friqués. Cette frustration du fils d’immigré hongrois vivant dans un environnement ultra-thuné explique par ricochet son barbapapisme idéologique.

      D
      e cause suprême, il n'en a qu'une : le pouvoir. Et pour l'atteindre et le conserver, il ne s'interdit rien.

      Allez Brice et Frédo : faites entrez les accusés.


      - Réveil de la peur des gens du voyage (beuarke, le nomadisme est insulte faite à Century 21, aux valeurs patrimoniales et à la spéculation immobilière).

      - Affirmations classées "évidentes" d'un lien entre délinquance et immigration
      (même si, mais c'est probablement un point de détail, les sus-mentionnés sont la plupart du temps français).

      - Show-off policier sporadique et musclé qui ne résout rien (puisqu'en amont rien n'a été fait et qu'après, rien ne le sera)

      Telle est l'offre triple-plaie du forfait présidentiel "Canal parasites"[1]

      Passés les signes donnés à sa base électorale de droite déçue par sa politique mais dont le racisme tourne en tâche de fond et auprès de laquelle il fallait trouver un repoussoir bien plus fort que sa propre personne, au-delà du racolage vers l'extrême-droite (avec ce chamboule-tabou offrant toutes les possibilités), le discours sécuritaire ratisse large.

      Je ne doute pas que notre monarque consulte sur une base quotidienne ces enquêtes d'opinion made in Beauvau bien plus précises et privées que celles du Figaro et devant toutes conclure que La France (enfin celle qui vote) a peur.

      Ils sont nombreux à trembler. La gérontocratie bourgeoise monopolisant les richesses. Mais aussi les jeunes classes moyennes les moins fortunées, happées dans la fleur de l'âge par le crédit sur vingt ans, partageant avec leurs "vieux" ce modèle idéalisé du patrimoine royaume et des deux bagnoles à clim, un désir d'appartenir à la classe sociale d'au-dessus et le dégout pour celles d'en-dessous, le besoin incessant d'accumuler les preuves matérielles de standing et son corollaire... la peur de tout perdre.[2]

      Même si le monarque s'est peu appesanti sur le sujet lors de son dernier monologue télévisé : il ne rate pas une occasion de donner des preuves d'amour aux puissants (la frustration toujours) et alimente régulièrement, de par ses lois antisociales et ses cadeaux au Medef, la grosse turbine à merdasse économique qui éclabousse gras.

      Le premier péril du citoyen n'est pas la délinquance et encore moins cet autre menaçant mais bien le contexte d'insécurité sociale qui se renforce tout autour (destruction des services publics, explosion du chômage, détérioration du code et des conditions de travail et montée des taxes) et sur lequel les mots sont bien moins souvent posés à la télé.

      L'ironie de ce chaos social mené tambour battant par l'UMP et dont les conséquences sont pauvreté et exclusion, c'est qu'in fine : il engendrera bien plus de délinquance, la violence et les vols n'étant pas la conséquence d'une immigration passée mais bien d'une pauvreté immédiate.

      Vu sa politique sociale au karcher, le type de rhétorique sécuritaire et le niveau mental des kadors la professant, la délinquance et la violence aujourd'hui collées au front des gens du voyage et aux maghrébins pourrait s'étendre d'un point de vue tout aussi marketing à d'autres catégories de la société.

      Anticipons, et faisons ensemble un rêve bleu.


      Du camp illégal de gens du voyage aux camps de caravanes de chômeurs en fin de droits, en passant par les bidonvilles de salariés sous-payés et autres classes moyennes sorties de route par excès de dette qui dormiront dans leur voiture (ça c'est vu dans des pays plus riches, et ça commence à se voir ici) : si toi tu feras la différence(rapport qu'avec tes pauvres économies et ton emploi à deux balles tu seras peut-être dans le lot des mis au ban), les sbires monarchiques qui crachent sur tout ce qui n'est pas eux, accompagnés de commandos de caméras HD sur fond de joyeux commentaire d'animatrices d'information formatée, ne la feront pas.

      Rappelle-toi : " - Français ou voyou, il faut choisir." a récemment déclaré le comique troupier Christian Estrosi.

      Cette montée probable de la violence tomberait plutôt bien pour le monarque au placebo. La crainte aveugle envers les méchants marginaux est indispensable afin de rassurer les gentils qui votent.

      Côté cuisine, Brice Hortefeux a, depuis son arrivée, réduit de 11.000 les effectifs policiers et développé chez les autres la culture du résultat au détriment de la veille ou de la prévention, ordonnant souvent de ne pas intervenir en banlieue. Quant à ceux qui se plaignent, c'est la radiation [3]. En matière de "rétablissement de la sécurité" on a vu mieux.

      Sans compter qu'idéologiquement parlant, dans la république de l'argent roi, où sont prônés entreprise individuelle et vie sans filet, où toutes les corruptions sont permises au sommet alors qu'en bas de l'échelle, les portes du travail sont constamment claquées à la face de celui qui veut filer droit, ou pire, lui sont ouvertes pour qu'il y soit traité en sous-homme puisque sous-rémunéré : la délinquance n'est qu'une extension logique de l'auto-entrepreneuriat tant célébré.

      A vrai dire, je suis même étonné qu'il n'y ait pas plus de délinquance. Les français sont probablement plus honnêtes que leurs dirigeants ...ne le souhaitent.

      Résumons :

      - Une idéologie vieille qui donne le La pour quelques années encore,
      - Malgré les tempêtes sur le front du travail : le renforcement des valeurs bourgeoises, y compris chez les classes moyennes inférieures,
      - Une crise sociale qui va durer,
      - Un sentiment d'insécurité dépendant largement d'une construction télévisuelle ralliant sur la même ligne La France au Pernault de TF1 et celle "en quête d'action" d'M6.
      - Une instrumentalisation électorale de la délinquance sous la houlette d'un monarque qui pousse loin l'art du cynisme, entouré d'un panachage de faux cons et de vrais racistes :

      Le pays des lumières entame dans la moiteur de l'été une triste rengaine aux funestes potentialités mélodiques.

      Ah... si seulement nos représentants usaient de la même hargne dans le verbe en évoquant l'impérative nécessite de déclarer la guerre au mal logement, aux inégalités croissantes ou aux destructions d'emplois massives... Je ne sais pas si le pays serait plus "sûr" mais nous y partagerions tous un peu plus d'espoir.


      * * *

      [1] Offre spéciale : les chaines chômage, travail sous-payé ainsi que les programmes économiques contre-performants sont également compris dans le package. En cadeau pour toute adhésion à l'UMP avant la rentrée : la chaîne hot 24/24 des points-presse de Dominique Paillé, livré avec ses kleenex d'aisance.


      [2] chacun son truc : moi ma terreur c'est de me prendre de face un gamin fou qui file sur trottinette dans l'irrespect de toutes les règles de sécurité et de me faire tabasser par son père au prétexte que ma présence sur le trottoir est une entrave à la liberté de circuler de son mouflet.

      [3] Dans l'excellent documentaire "La police et Sarko" diffusé sur Arte en juin dernier, on apprend même que les policiers ont consigne de s'exprimer ou non sur les caillassages ou les tirs dont ils sont victimes selon les désidératas gouvernementaux du moment.
    • [video] Bungee Jump (saut a l’elastique): Pont de l’Artuby (182m)


      Je vient de mettre en ligne le petit montage de la session saut a l'élastique du 07 aout dernier. Je remerci encore Amanda, JF et Sylvain pour ce merveilleux cadeaux :p

    • Un trojan qui vide les comptes en banque


      Une nouvelle variante du trojan Zeus a été découverte et n’est malheureusement pas encore détecté par les antivirus. Ce trojan infecte les machines Windows, via une faille dans Internet Explorer et Adobe Reader et va siphonner les comptes en banques des clients d’une banque britannique (dont on ne connait pas le nom). C’est plus de 3 000 comptes qui ont été ainsi vidé de leur contenu, direction un compte bancaire temporaire dont le contenu est ensuite probablement transféré dans un pays lointain peu regardant.

      Le trojan se veut un peu « Robin des bois » car il vide uniquement les comptes qui ont plus de 800 £ (environ 970 €). La somme dérobée jusqu’à présent s’élève à plus d’un million de dollars. Les banques et les experts qui ont découvert la bestioles recommandent aux clients d’être prudent car il s’agit selon eux d’une « menace sophistiquée et dangereuse encore jamais vue » (ah ouais, rien que ça)

      Quand je vous dis que le développement mène à tout  :-)

      [Source et photo]

    • Neutralité du Net : la « quasi censure » est préconisée dans le rapport du Gouvernement


      Le mois d’août promettait d’être riche en sucre, on a pas été déçu. La semaine dernière c’était une ordonnance de référé qui demandait poliment (sous peine d’amende de 10 000 euros par jours) aux fournisseurs d’accès Internet (pas tous, juste les 7 plus gros) de bloquer, par tous les moyens possibles (DPI, blocage DNS, IP, rafale d’AK47…) les sites de jeux en ligne qui n’ont pas de licence française. Un traitement que la LOPPSI promettait de n’appliquer qu’aux sites pédophiles. On s’est tout de suite dit que le lobby de la propriété intellectuelle (les moines copistes de DVD), allaient se ruer sur l’occasion afin de profiter (gratuitement) du zèle des fournisseurs d’accès.

      On attendait avec une impatience non dissimulée les enseignements que le gouvernement allait tirer de son élan démocratique qu’inspirait un débat public sur la neutralité du Net. Le rapport circule en haut lieu, il s’intitule, tenez vous bien : « La neutralité de l’Internet. Un atout pour le développement de l’économie numérique ». Regardons ce qui, selon le gouvernement, représente des atouts pour le développement de l’économie numérique.

      Avec un titre comme ça, on s’attend forcement à des mesures chocs qui favoriseront l’émergence de nouveaux acteurs, de nouveaux services, avoir un vrai Net exemplaire où tout est fait pour que la France se donne les moyens d’innover. On s’attend à des mesures spectaculaires comme l’Etat qui mettrait 15 milliards d’euros sur la table pour couvrir la France avec un réseau optique gigabit … mon dieu ce que vous êtes naifs !

      La date de divulgation partielle de ce rapport est finement étudiée, comme toutes les âneries les plus difficiles à faire avaler à l’opinion publique, on a choisi de balancer ça en plein milieu des vacances en priant pour que la 3G ne passe pas sur la plage. Bien joué, mais manque de bol, moi les vacances en zones de tiers monde numérique (celles qui était sensées ne plus exister en 2012… vous savez le fameux plan Numériques 2012) ce n’est pas trop ma tasse de thé, j’ai un mot de mon docteur. Et pour ce que je découvre depuis hier par bribes sur le contenu de ce rapport, je dois bien avouer que je n’étais pas non plus à jour de mes vaccins… je suis tout simplement écoeuré qu’un dossier aussi important ai fait l’objet d’arbitrages interministériels d’une telle inconscience et qui masquent mal cette incompétence crasse qui plane au dessus de l’Elysée dés que l’on touche à Internet. Ce n’est pourtant pas compliqué, personne n’a demandé au gouvernement de spécifier IPV7 pour un draft à l’IETF, à peine attendons nous de lui qu’il respecte ce vieux texte poussiéreux qu’est la Constitution française et qu’il applique à l’Internet la même jouissance de nos libertés fondamentales qui font la fierté de notre République… Et bien non, au lieu de ça, la France est sur le point de rejoindre la liste des pays qui pratiquent la censure sur le Net, aux côtés de la Chine et de l’Iran… un résultat vraiment spectaculaire pour ce qui se présentait comme une consultation emprunte d’un élan démocratique.

      Quand on lit ce qui ressort des bribes du rapport publié par Libération sur son site Ecrans, on craint le pire et on se dit qu’on avait déjà au moment de cette consultation, flairé un mauvais coup. Comme je n’ai toujours pas eu accès au rapport dans son intégralité j’émets donc quelques réserves mais je vais quand même me permettre de commenter ce que j’ai pu en lire. En outre, je ne saurais trop vous recommander la lecture attentive de l’article d’Astrid Girardeau sur Owni qui s’interroge sur la finalité du débat qui a animé cette consultation et qui souligne que le rapport ne se limite pas à la neutralité du net, mais englobe la neutralité des réseaux.

      Je vais donc partir du principe que l’auteur de ce rapport franchement orienté est l’oeuvre d’une personne qui ne prend pas la mesure de ce qu’elle rapporte ici, je n’irais même pas perdre mon temps à aller chercher des « coupables », car vous allez voir que la situation a plus besoin de bonnes volontés pour trouver des solutions et éviter une catastrophe qu’autre chose. Il est clairement temps que nous nous mettions tous au travail, et ça va passer par supporter plus que jamais les travaux de la Quadrature du Net.

      Allez, assez de blahblah, examinons ce qui ressort de ces conclusions.

      Le document de 34 pages commence par des chiffres sur l’utilisation d’Internet et un historique sur la neutralité du Net. Ecrans entame le sujet en soulignant que « le Gouvernement consacre plus de la moitié du rapport aux « risques de congestion du réseau », considérés « de plus en plus importants ». » A ce niveau là, on parle encore de traffic shaping et de QoS. La première des conditions pour qu’un réseau soit neutre… c’est qu’il fonctionne. Si un FAI se prend 2 terabits de flood, il peut apparaître normal que ce dernier intervienne afin que cet incident n’impacte pas le bon fonctionnement de tout ses services… jusque là tout va bien.

      « la préservation d’un Internet ouvert n’interdit pas la mise en place de mesures techniques, notamment de gestion de trafic ». Ici, on commence à annoncer subtilement la couleur, mais la gestion de trafic, dans un but de bon fonctionnement du réseau, ça reste acceptable à la seule condition que l’on définisse précisément, dans la plus grande transparence pourquoi tel noeud du réseau (et non tout le réseau de l’opérateur), se voit amputé de services ou fait l’objet d’un bridage quelconque. Le document parle alors de « modèles économiques pérennes et équitables pour l’ensemble des acteurs pour répondre à la hausse de la consommation de bande passante ». On effleure à peine la nécessité de se doter d’un réseau très haut débit, en revanche on souligne d’entrée que « ces contraintes peuvent amener les différents acteurs à des pratiques différenciées de gestion des contenus, des applications ou des terminaux, voire à développer des accords d’exclusivité »… une formule de politesse que l’on pourrait définir en un mot : « discrimination », soit l’antithèse de la neutralité… ça commence donc très fort. Le chapitre 2.2.1, page 11, nous explique que l’asymétrie de l’utilisation de certains services engendre de nouveaux coûts pour les opérateurs. Problème qui pourrait être résolu si nous avions nous aussi notre Youtube ou notre Facebook pour peser dans des négociations de délocalisation d’infrastructures afin d’équilibrer une fibre transatlantique qui n’est utilisée que dans le sens USA –> France … mais vu qu’on a rien à proposer aux américains et qu’avec ces conclusions, c’est pas demain la veille qu’on risque d’avoir un acteur capable de peser dans ce type de négociations, il ne nous reste plus qu’à opter pour des stratégies de cache de Megaupload, Youtube (…) ou de trouver une utilisation intelligente du peer to peer au lieu l’interdire..

      Ecrans rapporte ensuite que le document s’acquitte du terme « neutralité » pour lui opposer le terme d’« Internet ouvert ». Alors pour commencer, un « Internet fermé », on appelle ça un Intranet, quand il y a des abonnés dessus et qu’il est accessible depuis l’extérieur par le réseau, à la limite, on appelle ça un extranet, mais surement pas Internet. Un fournisseur d’accès s’y est essayé, il s’appelait AOL… et AOL est mort… vous devinez pourquoi ? Et oui, c’est parce qu’il y avait « Internet, et Internet par AOL » (en bref, tout sauf Internet). Il va falloir que l’auteur de ce rapport revoit sérieusement ses bases car un « internet ouvert », c’est un pléonasme… impardonnable à ce niveau là.

      En page 16 du document, on confirme gentiment le non sens de l’Internet ouvert opposé à l’Internet neutre en légitimant une pratique contraire à la neutralité d’un réseau qui consiste à y placer de l’intelligence en son « coeur » : « Toutefois le principe du end to end a toujours été conçu comme un principe pragmatique, visant à favoriser l’intelligence aux extrémités du réseau. Il n’interdit pas de mettre de l’intelligence en coeur de réseaux lorsque cela est pertinent. »

      Ok, très bien… alors « pertinent » pour vous ça veut dire quoi ?

      Quand il attaque la problématique de l’Internet mobile, le rapport souligne : « les capacités de réseaux plus restreintes [...] ne permettent pas de transposer, à brèves échéances les pratiques de l’Internet fixe » et il fait référence à des services : Les « échanges en P2P »« la consultation vidéo « en streaming » », les « services de voix sur IP » restent concernés par ces « limitations et restrictions ».

      Là, il va falloir m’expliquer pourquoi quand j’utilise mon téléphone comme modem, mon opérateur tente de m’interdire (en échouant lamentablement) de surfer avec mon navigateur alors que ce même opérateur me propose de regarder la TV. Qu’un seul ose me dire que consulter une page web ou me servir de la voix sur ip, une poignée d’octets en comparaison d’un flux TV qu’on me propose en illimité, va créer des « congestions » sur le réseau de mon opérateur. Là, je commence à ne plus avoir de doute sur la partialité de l’auteur du rapport. Ça fera l’objet d’un autre billet, mais j’entends bien prouver que la deep packet inspection est déjà bien en place sur les réseaux des opérateurs téléphoniques. Le rapport ne trouve rien à redire aux pratiques d’interdiction de l’utilisation de certains services comme la voix sur IP et sous entend qu’il ne s’agit pas là de discrimination. J’ai promis à une personne qui se reconnaitra de ne pas taper trop fort, je vais donc ici m’abstenir de commenter ce point plus amplement.

      L’internet du riche et l’Internet du pauvre

      L’un des principes fondateurs de l’Internet induit par ce que l’on appelle la neutralité du Net, c’est que tout le monde a accès au même Internet sans qu’une discrimination ne s’opère. Là, on brise le mythe, et on s’égare dans une discrimination des services qui deviendrait monnayable. On ne parle pas de débits, mais clairement d’accès à certains services qui constituent Internet : « L’expéditeur peut payer un complément pour avoir des garanties de qualité de service. ». Si vous voulez être assurés que vos mails parviendront bien à leur destinataire, vous aurez peut-être à payer à votre opérateur un « supplément mail ». D’ailleurs le rapport ose cette splendide comparaison « Le service postal fonctionne [ndlr : comme Internet] sur une approche best effort. Il n’y a pas de ressources pré-allouées dans le bureau de poste. Le facteur fait ses meilleurs efforts pour délivrer le courrier mais celui-ci peut être retardé en cas de surcharge, et l’expéditeur n’a pas la garantie que le courrier soit délivré avec succès. Cependant, l’expéditeur peut payer un complément pour avoir des garanties de qualité de service. ». Un seul mot me vient à l’esprit :  M.A.G.N.I.F.I.Q.U.E. A quand l’option « smtp qui fonctionne » à 5 euros par mois chez Orange ?

      DPI pour tout le monde, censure annoncée (2.3.2 De nouveaux mécanismes, plus intrusifs, de gestion du trafic – page 18)

      Et si le débat sur la neutralité du Net n’était en fait que l’occasion de consacrer la DPI, le filtrage et le blocage des sites ? C’est la question que je me posais ici en plein colloque de l’ARCEP pour lequel je n’ai pas même réussi à obtenir mon entrée. Contre toute attente, comme le rapporte Ecrans, la réponse du gouvernement est la suivante : Le rapport va droit au but, assimilant « le traitement différencié de certains flux », dans le cadre du respect des obligations légales, à une« nécessité ». Il précise : « sur l’Internet, comme ailleurs, les agissements illicites (fraudes et escroqueries, délits de presse, atteintes à la vie privée, contrefaçon, piratage des oeuvres protégées par le droit d’auteur, diffusion de contenus pédopornographiques, etc.) doivent être poursuivis et sanctionnés, ce qui peut impliquer la mise en place de dispositifs de filtrage ou de blocage de certains contenus » et de conclure par un superbe « et cætera » dans lequel on pourra par exemple coller allègrement la diffamation, l’outrage au drapeau, la divergence d’opinion… CE QUE VOUS VOULEZ… le vrai symbole d’un « Internet ouvert », on nous avait pas dit que c’était un Internet qui « ouvrait la porte à toutes les fenêtres », c’est maintenant chose faite. Si vous n’avez pas saisi, on parle bien de flicage des internautes où la responsabilité judiciaire serait endossée par les fournisseurs d’accès à qui on confierait les mêmes pouvoirs que les douanes, à savoir une commission rogatoire permanente lui permettant d’analyser toutes vos requêtes et où il pourrait décider de les acheminer ou de les bloquer. Soit en le faisant de manière qui viole clairement votre vie privée, avec la deep packet inspection, soit en se basant sur une analyse statistique (avec un taux d’erreur allant de 6 à 10% selon les papiers de recherche que j’ai pu avoir sous les yeux) avec la stochastic packet inspection. Le point du délit de presse mentionné dans ce rapport est aussi particulièrement inquiétant, on peut en conclure que Médiapart aurait été filtré ou plutôt bloqué à la publication des enregistrements pirates de l’affaire Bettencourt et on s’interroge sur qui aurait pu prendre cette décision (le fournisseur d’accès ? un juge ? l’Elysée ? Le ministère des bonnes moeurs sur Internet ? Frédéric Mitterrand ?…). J’ai du mal à ne pas faire le rapport avec la proposition de résolution sur la liberté de la presse de Muriel Marland-Militello. Le rapport a quand même le bon goût de signaler la DPI comme une technologie intrusive qui pourrait être utilisée à d’autres fins que celles prévenues initialement.

      « Quand t’es au fond, il suffit de creuser un peu plus »

      « l’AppStore et ne prend pas en charge la technologie Flash, suscite naturellement des questions par rapport à l’objectif de neutralité de l’Internet. »

      On assiste enfin ici à une démonstration supplémentaire (et franchement triste) de l’incompétence du rédacteur du rapport qui ne sait visiblement pas que Flash ne fait pas « partie d’Internet » (ou alors j’ai loupé son introduction au W3C et la RFC de l’IETF ). C’est ici une société qui vend un produit propriétaire et qui discrimine la technologie propriétaire d’une autre société, mais ce n’est en aucun cas une atteinte à la neutralité du Net puisque Flash n’a jamais fait parti du Net. Ça respire l’amateurisme et à ce niveau c’est tout bonnement consternant.

      En conclusion

      Il est triste que la consultation sur la Neutralité du Net, le colloque de l’ARCEP et les tonnes de rapports déjà produits aboutissent à ce que je viens de lire. Même les choses les plus élémentaires comme la définition des termes que l’on y emploi ne sont pas maîtrisées. Je peine à croire que ce compte rendu ait été réalisé avec l’impartialité que l’exercice exige, il est truffé de non sens. La prochaine étape logique serait que le Gouvernement assimile certains usages cryptographiques à des pratiques illicites et n’en vienne à les règlementer, ou qu’il contraigne les FAI à filtrer comme ils peuvent les paquets qu’ils ne peuvent pas déchiffrer. Ça vous paraît ahurissant ? Et pourtant ça colle tellement avec le couplet sur le filtrage, c’est d’une logique implacable, nous risquons bien de nous retrouver avec une obligation de détenir un permis pour avoir le droit d’utiliser SSH.

      Si Coluche avait pu constater le nombre d’âneries que contient ce rapport, il aurait conclu que c’est un peu comme un artichaut : « plus on en mange, plus on en a dans l’assiette ».

      Je m’arrête ici pour ce soir, mais il risque fort d’y en avoir une seconde couche une fois que ce document sera officiellement rendu public.

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      Les Plus Les Moins
      - extrêmement répandu
      - nombreuses applications
      - fourni sur de nombreuses machines
      - instable sur le long terme
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      Apple Mac OS : tout est dans l’interface

      apple-logo1

      Longtemps dans l’ombre du géant Microsoft, Apple devient de plus en plus LE challenger de Microsoft. Là ou Microsoft a su s’implanter par une maitrise sur le long terme du marché informatique, Apple a misé sur une toute autre stratégie. Apple dans un premier temps a veillé avec son système d’exploitation à apporter une nouvelle expérience utilisateur et une interface irréprochable. Le pari est à tel point gagné qu’Apple est de plus en plus copié sur ce point, par Windows 7 entres autres. Second avantage d’Apple Mac OS : Apple l’a développé pour fonctionner quasi-exclusivement sur ses ordinateurs. Cela se solde par une stabilité légendaire du système d’exploitation Mac. Mais si Mac OS commence à s’imposer c’est surtout grâce à sa très bonne réputation dans le monde du graphisme/communication/création pour lequel Apple excelle et grâce à l’effet de mode que connaissent iPod, iPhone et iPad qui placent Apple sur le devant de la scène.

      Mais si la politique de Microsoft est parfois fermée et abusive, elle n’est rien à coté de celle d’Apple. Mac OS n’a pas le droit d’être vendu pré-installé sur une autre machine qu’un Mac (Psystar en sait quoi!), support Intel ou pas! De même, impossible de mettre les mains dans le cambouis et de profiter d’un lot d’avantages du système sans aller à l’encontre des contrats de licences Apple (et de perdre sa garantie). C’est aussi vrai pour Mac OS que iOS. Dernier point, non des moindre, Mac OS est cher mais politique Apple oblige…

      Les Plus Les Moins
      - interface très réussie
      - stabilité reconnue
      - politique ultra-stricte-fermée
      - matraquage des prix

      GNU/Linux : tout est dans le noyau

      linux

      Il est difficile de parler de Linux sans parler de l’open source. Le principe de l’open-source est de partager son code pour que tout le monde sache comment fonctionne son logiciel et puisse participer à son amélioration. Linux est open-source mais Linux n’est pas un système d’exploitation. Linux est en fait un noyau (ou kernel). Le noyau de son système d’exploitation est le cœur de celui-ci. On peut comparer Linux à un moteur qui serait mis à disposition des marques qui feraient ce qu’elle veulent comme voiture autour. Ces voitures, qui ont chacune leurs particularités correspondent aux distributions GNU/Linux. Au nombre de celles-ci on retrouve Mandriva, Red Hat, Debian, Arch-Linux ou encore Ubuntu, etc. Celles-ci peinent à percer encore dans le domaine du grand public pour diverses raisons. La première, qui pourtant est une force de Linux, est le nombre important de distributions qui peut rebuter les plus hésitants. La seconde est l’obligation de prendre de nouvelles habitudes (d’utilisations et de choix de logiciel) qui dérange les moins courageux (ou ceux qui ont moins de temps). Certains lui reprochent encore une mauvaise image illégitime : GNU/Linux n’est plus un système obscur et borné à la ligne de commande. Enfin, le lobbying imposé par les géants Microsoft et Apple ne manquent pas de limiter son insertion.

      Toutefois,GNU/Linux a un beau lot d’avantages. D’abord, il est majoritairement gratuit. Pouvoir économiser plusieurs centaines d’euros en optant pour Gnu/Linux plutôt que Windows ou Mac OS n’est pas négligeable. Puis, bien que pas infaillibles, les systèmes Linux sont majoritairement stables et régulièrement mis à jours. Puis GNU/Linux encourage le partage, la collaboration, l’échange : de riches valeurs!

      Les Plus Les Moins
      - libre (valeurs véhiculées)
      - majoritairement gratuit
      - stable
      - méconnu
      - nécessite un apprentissage
      - peu d’applications pro et de jeux

       

      Personnellement, comme beaucoup, j’ai fait le choix de Linux et du monde libre pour les valeurs qu’il véhicule. Avec pragmatisme, puisque j’utilise aussi Windows pour certains logiciels, notamment en entreprise. Je fais le choix du libre comme d’autres font le choix de ne pas manger chez MacDo. C’est avant tout un choix éthique. Et pourtant, à terme, c’est un choix qui me permet de m’améliorer quotidiennement en informatique, qui me permet de mieux comprendre ma machine et les logiciels qui sont installés dessus. Donc au final, je me retrouve avec une réelle valeur ajoutée.

      Oui, utiliser GNU/Linux est très souvent une contrainte, très souvent par ma faute. Oui, souvent ma geekette peste contre son OS libre. Et au final, je suis tout de même gagnant. Je vais être papa et je ne peux qu’encourager les valeurs du libre à ma future bébé-geekette. Je veux être cohérent et sais que je ne peux pas lui dire “tu ne dois pas voler” et lui apprendre comment craquer son Windows. A ce sujet encore, je vais faire une petite digression : un jour à table, différents collègues échangeaient des sites de warez. Lorsqu’ils nous ont demandé, à un collègue libriste barbu et à moi, des conseils à ce sujet, nous n’avons pas su quoi leur répondre. Tout simplement parce que depuis que nous utilisons Linux, nous n’avons plus besoin de craquer les logiciels que nous utilisons. Fermeture de la parenthèse.

      Alors, si on réfléchit : entre un géant du logiciel qui profite de sa position dominante, un challenger aux dents longues qui applique une politique pire que son concurrent et une solution, bien sûre faillible, qui tente de renouer entre les valeurs humaines et l’informatique, qui avez vous envie de choisir? Le plus technique n’est pas toujours celui que l’on croit mais le choix éthique est sans équivoque toujours le meilleur. Alors quel choix voulez vous faire?

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      Billet original de TimCruz.
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    • Donner c'est voter, reprendre c'est voler



      Reconnaissons une chose à ce gouvernement : Il ne renonce jamais.

      Rappelons ses deux ordres de mission :

      1 / Il s'agit, pour ces défenseurs zélés de la nation, de basculer le secteur public dans le secteur privé, de rendre le "mutualisé", bon marché et universel, en problématiques opaques et individualisées, catégorisées et hors de prix.

      2 / Il s'agit également pour ces pourfendeurs de la hausse de l'impôt sur le revenu de faire les poches du gueux par tous les moyens détournés possibles. On ne sait jamais, dès fois que le train de vie des indécentes richesses ralentisse sa course folle.

      C'est donc avec une détermination n'ayant d'équivalent que le courage de la date de son annonce, le 4 août, que Sainte-Lagarde ministre du culte de l'économie qui, à moins d'être remaniée, passera probablement l'intégralité du quinquennat à promettre de la croissance) supprime une promesse phare de la campagne du monarque : le crédit d'impôt sur les intérêts des emprunts immobiliers pour les primo-accédants.

      Compte-tenu des légions AVER (à velléités d'embourgeoisement rapide) qui ont foncé tête baissée dans la mesure en parpaings dès janvier 2007 (offrant une ribambelle d'articles à peine romancés sur ce blog), le monarque a trouvé ici des arguments de vote bien plus décisifs, auprès d'un électorat jeune classiquement abstentionniste, que les questions de sécurité âprement discutées depuis 2002.

      Bon évidemment, comme lui et la loi ça fait deux, une fois l'avocat élu monarque, le conseil constitutionnel retoquait la mesure, la décrétant non-rétroactive.

      Combien ai-je rencontré depuis de candides dupés par le candidat, ayant signé dans la précipitation leur acte d'achat, quelques jours avant de donner, euphoriques et confiants, les clefs de la bombe atomique au vendeur de tapis parano ? Beaucoup. Même s'ils l'avouent encore peu, ils s'en mordent les doigts.

      Mais le plus merveilleux dans les belles histoires des apparats de la richesse pour tous made in UMP, c'est encore l'argumentaire. D'apparence barbare ou d'allure neuneu, suivant le ministre ou la voiture bélier, il cache surtout une belle dose de cynisme et dans ce cas, si tout cela s'avère suivi d'effet, d'irresponsabilité.

      Car, face à cette suppression d'un bout de "paquet fiscal" spécialement dédicacé aux classes moyennes, C.Lagarde propose dans une interview donnée ce jour aux Echos, la mise en place d'un prêt immobilier à taux zéro renforcé, universel et sans condition de ressource réservé aux primo-accédants.

      Oui, oui. Tu as bien lu : le crédit immo en open bar.

      Comprendre : bon, on a berné une génération de blaireaux en 2007, attaquons-nous à la deuxième pour 2012. Après tout, si on en croit l'expérience américaine : Plus la classe moyenne est pauvre, plus elle aspire à se persuader du contraire en s'endettant encore plus[1].

      Passons sur l'exercice de style consistant à promettre du rêve défiscalisé dans trois ans aux aspirants-proprios au moment où on le retire à une catégorie similaire ayant cru à la même chose trois ans plus tôt, et demandons-nous si ce n'est pas là une discrète et estivale réapparition du crédit hypothécaire à la sauce subprime.

      Pour peu qu'elle soit coordonnée avec d'autres dispositions bancaires encouragée par le lobby en charge, telle l'apparition de la titrisation à la française évoquée en juin dernier, nous avons là tous les ingrédients d'un beau cocktail au caca éco cataclysmique[2].

      Ce ne sont évidemment pas les 2 millions de personnes mal ou pas logées du tout, les centaines de milliers de logement sociaux faisant défaut, ni les multiples infractions à la loi obligeant les communes à réserver 20% de leur parc immobilier au social (j'attends à ce sujet les peines de prison et l'arrestation des parents des maires délinquants) qui importent.

      Pas son business à la Christine.

      Non ce qui prime c'est que le prolo s'endette et, au passage, maintienne à la hausse la valeur du patrimoine de ceux qui ont terminés de payer depuis bien longtemps et dont on me glisse dans l'oreille qu'ils votent plutôt à droite.

      Des pauvres oui, mais des pauvres propriétaires à crédit. Rappel : Pour la droite qui se prétend populaire, un bon pauvre est celui qui doit de l'argent. Les autres sont, ou vont être, des délinquants.

      Et oui, autant les conditions du plan Lagardien sont fumeuses, autant son but est clair :

      "L'objectif est d'améliorer l'accession à la propriété, sachant qu'il n'y a que 58% de Français propriétaires contre 66% en Europe." Mais que tu dormes dans ta bagnole parce le moindre loyer dans la ville équivaut deux fois ton salaire, ce n'est pas un drame.

      Puis, la winneuse nonchalante conclura sur un brillant :

      "L'argent redéployé sur le nouveau prêt à taux zéro, avec des plafonds à la hausse, va accroître la solvabilité des ménages."

      Le crédit qui t'enrichit ou la perversion totale de la vérité : Voilà les vraies valeurs de la gagne.

      Problème vu et vérifié : la carotte fait systématiquement avancer le mal informé.

      Que crépite le feu de joie des puissants,
      gerbant ses larmes de joie dans les ténèbres, tant qu'il y aura du petit bois à jeter dedans.


      [1] renforçant ainsi son état de précarité et favorisant chez elle des pathologies mentales du type schizophrénie. A ce sujet, pour une observation plus profonde, je vous renvoie à l'observation des centres commerciaux le samedi après-midi.

      [2] Un beau final lagardien.


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    • J'ai 40 ans et je suis né en France de parents étrangers


      Un buste de Marianne à l'hôtel de ville de Nice, le 18 novembre 2009 (Eric Gaillard/Reuters)

      J'ai 40 ans, je suis né dans la campagne française et quand mes parents étrangers, lors de mes 16 ans, m'ont demandé si je souhaitais embrasser la nationalité française, je ne me suis même pas posé la question.

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